Aujourd'hui le chômage paie mieux que le travail. Pour le Mouvement Réformateur, cette situation ne peut plus durer. La pension doit être le reflet du service rendu à la société durant les années de travail. Le travailleur mérite d'être valorisé. Des gens qui n’ont jamais travaillé ont des pensions plus élevées que d’autres qui ont travaillé : le MR dit non à cette injustice. La différence entre les revenus des chômeurs et des travailleurs est-elle suffisamment marquée ? L’un est-il trop payé alors que l’autre ne l’est pas assez ? Plusieurs études récentes montrent, en effet, que l’écart entre le salaire minimum et les allocations sociales se réduit depuis plusieurs années. Triste constat en dommage collatéral : le travail ne protège pas nécessairement de la pauvreté.

Faut-il augmenter le salaire minimum ? C’est la question que se posait une agence d’intérim de Naninne (Namur) en octobre 2022 dernier sur les ondes de RTL info. Elle enregistre de plus en plus de refus d’emploi. Le motif : la différence entre le salaire proposé et l’allocation de chômage n’est pas assez attrayante. « Certaines personnes ont refusé un emploi, car l'incitant financier n'est pas assez élevé. Plusieurs cas concrets se sont présentés ces dernières semaines », s’inquiète cette responsable du recrutement. Un constat dressé après 5 années d'observations dans son secteur et qui rejoint la question des pensions qui seront allouées en fin de carrière au chômeur « de longue durée » et au travailleur « de longue durée ». Alors qu'une réforme des pensions est attendue prochainement, l'enjeu est grand : La Belgique pourrait être privée d’une première salve d'aides européennes du Plan de relance si le conseil des ministres restreint ne trouve pas d'accord. Entre la gauche et la droite, les réseaux sociaux s’enflamment.

« La droite veut annuler la revalorisation de la pension minimum au 1er janvier 2024 », peut-on lire sur le site officiel du PS. Paul Magnette, le président du PS, n’a pas hésité à renchérir sur Twitter. « Les libéraux veulent revenir sur les avancées historiques du PS en matière de pensions. Le PS ne le permettra pas. Nous avons besoin de votre soutien pour gagner cette bataille », assure-t-il.

La réponse de Georges-Louis Bouchez n’a pas tardé. « Nouveau mensonge du @PSofficiel. Nous voulons simplement que cette pension minimum soit accessible uniquement à des gens qui ont réellement travaillé. Le PS veut privilégier l’inactivité. Plus que jamais le parti de la sieste… » Pour illustrer son propos, il avait fait une comparaison entre deux cas de figure. Une affirmation qui a fait l’objet d’un factchecking dans Le Soir

Georges-Louis Bouchez estime qu’« il faut arrêter de défendre l’inactivité ». Pour les libéraux francophones, « une convergence entre les différents statuts est nécessaire. La réforme des pensions n’ira par ailleurs pas sans une réforme du marché du travail. Pour garantir la pérennité du système, il est en effet nécessaire que davantage de personnes travaillent ».