Le premier constat de cette étude remet tout de suite les choses au clair : « l’Union Européenne est le seul continent à avoir réduit ses émissions de CO2 depuis 30 ans, et ce de façon significative. » Marteler aux populations que nous sommes donc de vilains pollueurs et nous effrayer avec notre propre comportement s’apparente donc à une misérable politique de culpabilisation qui est très loin de la vérité.

Pourtant, l’Europe persiste et signe, notamment avec des objectifs stricts (pour ne pas dire utopiques ?) en matière de réduction de gaz à effet de serre. Mettre en chantier tous ces efforts entrainerait, selon l’étude, « une forte décroissance économique ». Le rapport avertit en effet que de telles mesures pourraient faire chuter le PIB européen de 25% dans les 10 prochaines années (selon « de simples calculs arithmétiques diffusés par le GIEC, sous le nom d’égalité de Kaya »), ce qui s’apparenterait à un crash économique d’une rare amplitude. 

Aujourd’hui, l’Europe veut laver plus vert que vert, quitte à en payer le prix fort. Peu importe si une mesure coûte l’équivalent du PIB monégasque : si elle permet de grappiller quelques centièmes de degré, elle sera appliquée. Une telle vision est évidemment un terreau particulièrement fertile pour des politiques plus liberticides les unes que les autres. 

Des exemples, il y en a déjà : des constructeurs automobiles qui ne peuvent plus vendre des véhicules thermiques neufs dès 2035, ce qui rendra la mobilité impayable pour une grosse partie de la population ; un gouvernement néerlandais qui impose des normes d’émissions tellement sévères à l’égard de sa filière élevage que cette dernière se sent condamnée ; une politique « super PEB à tout prix » qui appauvrit la classe moyenne en Belgique… Et ceci n’est sans doute qu’un début, avant que nos déplacements ne soient limités, notre consommation de viande régulée et les secteurs considérés comme trop polluants tout simplement assassinés. 

Ces efforts vont-ils sauver la planète ? Non. Et c’est bien là tout le problème. Dans le pire des cas, à savoir si le progrès technologique cale en Europe, le Vieux Continent ne serait responsable que d’un réchauffement de 0,1 degré à l’horizon 2100. Et ça, c’est ce qui ressort des propres données climatiques du GIEC ! Tant que l’Asie, qui « représente la quasi-totalité de la hausse globale des émissions de ces 30 années », reste sur sa lancée actuelle (de nombreux pays émergents ont d’ailleurs déjà annoncé qu’ils ne se plieront pas à nos efforts si cela peut les aider à se développer), nous aurons beau construire des mini maisons en bambou, couvrir nos enfants avec des peaux de taupe et manger du ragout d’ortie, nos efforts resteront vains. Un constat que le rapport confirme en rappelant que « dans les scénarios les plus coercitifs, la hausse des émissions prévisibles [de l’Afrique et de l’Asie] d’ici 2050 sera supérieure à 40 fois la baisse envisageable des émissions de l’UE. » 

En conclusion, ce rapport martèle que si « la relation CO2 climat est aussi préoccupante que l’affirme le GIEC, la seule stratégie viable pour l’UE est la recherche et le développement de solutions de production d’énergie bas carbone rentables (c’est à dire sans subventions) et commercialisables facilement dans tout type de pays pour que la croissance des autres continents, et notamment l’Asie et l’Afrique, soit, à terme, carboniquement aussi vertueuse que ne l’est déjà celle de l’Union Européenne. » 

Ce rapport n’est nullement climato-sceptique. Mais plutôt climato-réaliste. Messieurs les députés, n’oubliez pas que, pour la planète, les émissions de gaz à effet de serre n’ont en effet aucune frontière.

Pour télécharger l’étude : https://frirefeurope.b-cdn.net/wp-content/uploads/sites/2/2022/11/IREF-Politiques-Climatiques-de-lUE-Un-examen-critique-Novembre-2022.pdf