Comme précisé sur la RTBF, « il s’agit d’un problème distinct des problèmes de facturation » ... Mouais... En attendant, les questions d’Els Ampe (Open Vld) à Arnaud Pinxteren (Ecolo) lors du conseil communal du 30 janvier dernier, valent leur pesant en eau pétillante. Interrogations bien légitimes dès lors que la ville de Bruxelles est aussi le plus grand actionnaire de l’intercommunale aqueuse qui, autant annoncer la couleur tout de go, danse sur le bord d'un volcan, soit 1 milliard de trou financier. Et voilà encore 1.000 millions à ajouter aux nombreuses dettes de la francophonie en marche : mais comment font-ils ?

A la suite de l’introduction d’un nouveau système informatique, des dizaines de milliers de clients ont vu leurs historiques se vaporiser en 0 et 1 sans signification et leur facturation future impossible à établir. Jamais entendu parler des backups de sécurité ? Soit dit en passant, l’on voudrait vraiment connaître le nom du nouveau logiciel, une information taboue apparemment classée secret-défense…

Le trou d’un milliard, les investissements (non prioritaires nous assure Pinxteren) postposés, le renouvellement des égouts retardé... Tout cela n’est encore rien par rapport à la dernière question de Madame Ampe : « est-il vrai que les salaires des employés de Vivaqua ont été indexés 5 fois ou est-ce une sorte de fable ? » Un conte pour effrayer les patrons, une sorte de légende urbaine, quoi !

Las, Pinxteren ne laisse guère de place au suspense. Après avoir défendu l’augmentation de 14,5 % pour tous... à l’exception des 25 % de la population bruxelloise paupérisée qui ne paie pas l’eau au tarif standard, notre écolo aquatique confirmait que, « oui, les salaires ont bien été réindexés 5 fois. »  Dans ce système, très progressiste, on comprend mieux pourquoi Vivaqua emprunte pour payer son personnel.

Et à la tête de ces quelques 1.300 travailleurs, dame Laurence Bovy (étiquetée... PS) dont le salaire était, lui-aussi et jusqu’à il y a quelques mois un autre secret bien gardé : 284.373 € annuels (selon La Libre), soit une autre indexation de + 14 % depuis son entrée en service en 2017.

Est-ce que les commerces, les PME, les indépendants et les familles qui vont payer ce nouveau « prix vérité » de l’or bleu bruxellois auront également le loisir d’indexer cinq fois leurs propres rémunérations ? C’était la dernière question pleine de bon sens de l’Open Vld. On attend toujours la réponse des autorités communales.

Directrice générale de Vivaqua depuis 2017, elle fût à nouveau choisie par la particratie francophone comme présidente du conseil d’administration de la SFPI-FPIM (Société fédérale des Participations et d’Investissements) et ce depuis décembre 2021. Pour la petite histoire, elle en avait été écartée par le MR en 2015.

Ancienne cheffe de cabinet de Laurette Onkelinx, Madame Bovy est le prototype de l’excellence socialiste de ce pays. Cumularde, certes, elle a tout de même, selon la Libre, renoncé à sa rémunération à la SFPI (45.000 € tout de même). Sans doute pour pouvoir encaisser sans remords ses quelque 24.000 € mensuels chez Vivaqua. Apparemment, à titre personnel, sans souci de facturation.

Pour ceux qui s’en souviennent, sa nomination chez Vivaqua avait déjà fait l’objet d’une polémique en 2016 :   jugée « bonne » candidate, rappelons que deux autres candidats avaient été classés devant elle: Luc Lallemand qui avait été jugé « excellent » tandis qu’Olivier Lagneau était qualifié de « très bon ». A l'époque, tout le monde s’était demandé pourquoi c’était finalement la médaille de bronze qui emportait la floche en or. « Ce n'est pas une nomination politique, mais une nomination sur la base de la compétence », faisait alors valoir Yvan Mayeur (PS)... autre célèbre apparatchik de l'écurie Onkelinx. Parole d’expert !

Aujourd’hui après 14 mois de problèmes de facturation, la population bruxelloise peut raisonnablement se demander si l’éminence grise imposée par les cadors du progressisme PS n’était finalement pas plus grisette qu’éminente.