Ce lien étroit entre les syndicats et la politique évolue au fil du temps. A l’origine, les syndicats sont fidèles à leur parti. Tout le monde y trouve son compte. Les syndicats prennent de l’influence sur les décisions politiques et les partis s’assurent un vivier d’électeurs acquis. Mais à la fin du 20ème siècle, ces liens se diluent, les syndicats ayant acquis plus de pouvoir par eux-mêmes. Ils siègent au Conseil National du Travail ainsi qu’au Conseil Central de l’Economie. Aujourd’hui, le syndicalisme se retrouve principalement dans le service public et dans les très grandes entreprises privées. Dans les deux cas, leur mission initiale, de protéger le travailleur opprimé, est aujourd’hui complètement diluée. 

Dans le service public, les travailleurs sont protégés, surprotégés par les syndicats. Ce qui implique que nos vaillants fonctionnaires, travailleurs ou pas, performants ou pas…sont tout bonnement devenus incontournables avec des contrats de travail à vie.

Dans le secteur privé, comme chez Total en France par exemple, les syndicats sont devenus des organes dont la plus profonde vocation est d’être bloquante. Il ne s’agit plus vraiment de défendre les employés, qui dans ces entreprises sont déjà largement privilégiés par rapport à l’ensemble des travailleurs du même secteur, il s’agit surtout de chercher encore et toujours plus d’avantages et de primes injustifiées. Et c’est ainsi que 150 travailleurs de chez Total sont aujourd’hui en mesure de bloquer 1/3 des stations-services en France pendant des semaines, pour que leur rémunération, pourtant particulièrement confortable, s’assortisse de primes supplémentaires. C’est dans le même esprit que des piquets de grève apparaissent chez nous devant les centrales de production d’électricité d’Engie parce que les syndicats veulent protéger coûte que coûte quelques employés fraudeurs qui ont permis à leurs proches de profiter de conditions contractuelles illégales rétroactives.

Des organisations créées dans l’objectif louable de dénoncer des inégalités se retrouvent dès lors aujourd’hui à bloquer l’économie et le développement des entreprises dans le but de défendre l’indéfendable et maintenir des avantages injustifiés. Tout interlocuteur social peut en témoigner, la concertation sociale est devenue un dialogue de sourds dans lequel les exigences syndicales n’ont plus de plafond, menaces de grèves à l’appui ! Pourtant, aucun politicien ne dénonce, vivier électoral oblige…