Avec le froid, on s’est rabattu au bar, nos quilles sous le bras. Comptoir en marbre, celui de « Gustave » avant que le Train, la rivière qui traverse Grez-Doiceau, n’emporte tout sur son passage un jour de juillet 2021. R.I.P. « Gustave », qui possédait pourtant ses aficionados, bonjour « Quel Bon Vin t’Amène » -QBVA pour les initiés. L’équipe n’a pas changé; le concept oui. 

Même bonheur aujourd’hui, fidèle au comptoir. Vue sur la cuisine ouverte. Et sur une partie des plus de 200 vins à la carte rassemblés sur des rayonnages. Le haut plafond est un héritage du passé, quand c’était un garage. On parle ici de « cave à manger » ; un lieu simple où l’on peut venir déguster un verre de vin accompagné d’un bon plat.

Un verre... façon de parler ! Maître-sommelier (Sopexa), Isabelle a acquis la plupart de ses connaissances œnologiques sous la direction de Michel De Muynck à l’Air du Temps. Point fort, elle a une relation particulière avec presque chacun des vins : elle connaît personnellement des dizaines de vignerons et importe même directement. Elle est aussi des aventures locales, comme le label « Vin des femmes » de Glabais ou le Domaine W, premier domaine belge en 100 % biodynamie. L’orientation est claire : « cachez-moi ces sulfites que je ne saurais voir » ! La collection de flacons rend hommage aux producteurs de bio, biodynamies et vins naturels, genre Bobinet (Loire, Saumur…), Bret Brothers (Pouilly, Saint-Véran…), Frey (Alsace), Ganevat (Jura, Arbois…), Mosse (Loire, Anjou…), Pelou (Roussillon), plus quelques surprises.

Arnold, lui, cuit son pain au levain, confectionne de délicieux pâtés en croûte -une tuerie !- et propose un plat du jour généreux -ce jeudi, à « la carte à manger », côte de porcelet ibérique braisée à la sarriette proposée avec « Les P’tits Gars », un joli Côte du Rhône des frères Alary.

J’aime cette femme, son sourire, son oeil pétillant comme un bon crémant. J’aime la vie qu’elle met dans les verres, les assiettes et nos cœurs de gourmand de tout. Chez QBVA, on n’est pas client, mais convive. On vient pour communier. 

Pas de carte kilométrique. Arnold se focalise sur des plats canailles (entre 12 et 25 euros). De belles proportions qui parfois enlèvent l’envie d’un dessert… bien que, je me souviens encore d’un Pavlova à se damner. L’idéal, c’est de se laisser guider, accepter de sortir des sentiers battus. Là, Isabelle jubile. Pour les fromages comme pour les vins, elle parle crus, fermentations, élevage. Et vous emmène.


Chaussée de Jodoigne 9
B- 1390 Grez-Doiceau

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