Sur les bancs de l’école, les syndicats sont présentés comme des « organisations défendant les droits des travailleurs et dont les autres objectifs sont de négocier des conditions de travail, des salaires justes et de lutter contre les discriminations. » Vous allez sûrement me dire que sur les bancs de l’école, on apprend aussi que « toutes les matières se valent » et que « les notes ne dépendent que du travail ». Mouais… Bref, voilà pour la théorie. 

On remarque rapidement que les grandes organisations syndicales sont loin d’être des modèles pour les travailleurs. N’allez pas un seul instant imaginer qu’à l’instar de l’improbable Raoul Hedebouw, les membres éminents de ces organisations se rémunèrent comme les honnêtes travailleurs, à hauteur de 2.000 balles par mois et, de temps-à-autre, d’un petit renfort-caisse sous la forme de 250 euros d’éco-chèques. Non, non. Les fiches de paye, agrémentées d’heures sup’, de défraiements kilométriques et autres joyeusetés, ont de quoi faire tourner de l’œil certains patrons de PME. C’est bien simple, en Belgique, les dirigeants de la CSC et de la FGTB ont timidement déclaré des revenus avoisinants les 100.000 euros bruts en 2020. Oui, oui. Vous avez bien lu. Pas sûr que Thomas, ouvrier dans le bâtiment et Jessica, coiffeuse, se retrouvent vraiment dans ses rémunérations délirantes…

Le problème, c’est que tout ceci ne suffit évidemment pas. Forcément, au sein de ces organisations indépendantes, les tentations d’arrondir ses fins de mois sont grandes… et faciles : des notes de frais gonflées, des heures sup’ calculées généreusement… C’est comme présenter un rail de coke ou un petit garçon à un ecclésiastique du Vatican ; le dérapage est tellement aisé à commettre et à camoufler qu’il est difficile d’y résister ! 

Après une telle carrière, il est donc difficile d’imaginer un retour à la condition « ouvrière » pour ces grands pontes du syndicalisme. On se plante comme administrateur d’une quelconque organisation, voire d’une mutuelle et c’est « win for life » assuré. De là à imaginer que le patronat garde le silence et se contente d’ouvrir le portefeuille, il y a un pas évident. Acheter une laisse pour les vilains toutous revient toujours moins chers qu’un avocat en cas d’attaque impromptue !

Un mot qui fait trembler et que les syndicats complètent rapidement dans les communiqués officiels des mots « soupçons de ». Bah oui, c’est comme « Gastronomie » et « McDonald » ou « Ecolo » et « Raisonné » : « Syndicat » et « Corruption » sont des mots qui effraient car ils semblent, par définition, opposés. Et pourtant, le Qatargate n’est certainement que l’arbre qui cache la forêt. Ce scandale interpelle, mais ne doit certainement pas être considéré comme isolé. La protection du peuple en façade, l’enrichissement personnel dans le fond : les syndicats sont les mafias d’aujourd’hui.