C’est la Banque centrale européenne qui fixe ce que l’on appelle les « taux d’intérêt directeurs ». Il s’agit des taux qu’elle  offre aux banques souhaitant se financer ou conserver leur monnaie électronique au jour le jour auprès de la BCE. Lorsque le BCE modifie les taux d’intérêt directeurs, cela se reflète de manière plus ou moins importante à travers toute l’économie, et notamment sur les prêts bancaires, les prêts de marché, les prêts immobiliers, les taux des dépôts bancaires et d’autres instruments de placement.

La stabilité est entièrement une question d’équilibre. Le système financier présente un réseau complexe de connexions et d’interactions entre différents acteurs. Les risques peuvent surgir à différents niveaux et prendre diverses formes. Un ralentissement de l’activité économique entraîne, pour les propriétaires, un niveau d’endettement élevé et un recul de la valeur de leur bien tandis que les banques ayant financé leurs prêts immobiliers peuvent devoir faire face à des clients incapables de rembourser leurs dettes. Un ralentissement sur les marchés émergents peut nuire à l’économie, par exemple en diminuant la demande de biens et en entraînant, par conséquent, des pertes d’emploi dans les secteurs concernés. Il est également susceptible de provoquer des ventes massives sur les marchés de la dette, boursiers et des changes, rendant le financement des entreprises plus difficile, ce qui exerce des contraintes sur la croissance économique.

Ces vulnérabilités affectant un acteur peuvent avoir des retombées pour de nombreuses autres parties prenantes, avec pour conséquence de déséquilibrer le système et de menacer la stabilité financière globale.

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En tant que banque centrale de l’euro, le mandat de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Lorsque les prix augmentent trop rapidement dans notre économie (autrement dit, lorsque l’inflation est trop élevée), une hausse des taux d’intérêt nous aide à ramener l’inflation à l’objectif de 2 % à moyen terme. Le retour d'un calme relatif sur les marchés de l'énergie a permis à l'inflation de reculer pour le deuxième mois consécutif en décembre, à 9,2%, en restant cependant très au-dessus de l'objectif de 2%. La BCE déterminée à poursuivre les hausses de taux.

L’inflation est source de tensions pour les consommateurs. Les craintes sont fortes qu’elle puisse s’installer dans la durée. Le BCE surveille ces « anticipations d’inflation ». C’est dans ce contexte qu’elle relève ses taux d’intérêt, afin d’affirmer clairement qu’elle ne tolère pas une augmentation des prix supérieure à 2 %. Les anticipations d’inflation sont censées rester ainsi maîtrisées.

Cette nouvelle hausse portera le taux rémunérant les liquidités bancaires non distribuées en crédit à 2,5% et celui sur les opérations de refinancement à court terme à 3,0%, au plus haut depuis novembre 2008.

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