Un gouvernement à Bruxelles ? Pour quoi faire ? De la mésinterprétation du camarade Keynes

Après 400 jours d’affaires courantes, il se murmure dans les corridors venteux de la région bruxelloise que ce sera toujours ça que Georges-Louis n’aura pas ! Et puis, dans le fond, même si la nomenklatura progressiste ne peut plus lancer de nouveaux investissements délirants, elle est toujours « en charge » et poursuit son petit bonhomme de chemin : Bruxelles-ville augmente ses taxes avec le sourire, Elke poursuit la cyclisation façon Mao et tout ce petit monde se réjouit du bon tour joué au tatoué de Mons. En attendant, depuis le 15 août, personne n’a lancé de nouvelles invitations à négocier.
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Après 400 jours d’affaires courantes, il se murmure dans les corridors venteux de la région bruxelloise que ce sera toujours ça que Georges-Louis n’aura pas ! Et puis, dans le fond, même si la nomenklatura progressiste ne peut plus lancer de nouveaux investissements délirants, elle est toujours « en charge » et poursuit son petit bonhomme de chemin : Bruxelles-ville augmente ses taxes avec le sourire, Elke poursuit la cyclisation façon Mao et tout ce petit monde se réjouit du bon tour joué au tatoué de Mons. En attendant, depuis le 15 août, personne n’a lancé de nouvelles invitations à négocier.

Hélas, tout cela est peu court, mon Capitaine. Car l’iceberg financier est identifié, signalé et cartographié. Et la mauvaise joie (schadenfreude) de quelques esprits faibles s’appuie une fois encore, sur une approximation des idées de ce cher Maynard Keynes.

Pour avoir une petite chance de se faire comprendre de tout bon esprit écolo-progressiste, il convient de privilégier une pédagogie de deuxième cycle primaire… Imaginez donc que vous gériez un magasin de bonbons, mais que les gens achètent moins de sucreries parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent. La théorie de Keynes dit que, quand les choses vont mal comme ça, le gouvernement peut aider. Oh, oh…

Comment ? En dépensant de l’argent pour créer des jobs, par exemple en construisant des routes ou des écoles. Ces jobs donnent de l’argent aux gens, qui peuvent alors acheter plus de bonbons dans votre magasin. Ça fait tourner l’économie, comme une roue qu’on pousse pour qu’elle bouge plus vite ! Cette idée façon hamster jovial voudrait que si tout le monde dépense un peu, tout le monde en profite, et l’économie va mieux. Disons que ça, c’était au début du XXe siècle.

Cocktail bruxellois : 1/3 actifs 2/3 indolents

Depuis cette époque, Elio di Rupo est né ainsi qu’un tas d’autres personnalités extrêmement captivantes qui adorent les poches profondes et les épaules larges, des espèces de groupies fiscales énamourées des costumes d’Elvis Costello et de Kid Creole en quelque sorte. Hélas, c’est là qu’est l’os, toutes les routes ont été construites depuis lors et à part quelques écoles et un métro perdu, les « grands projets » keynésiens de Bruxelles ont peu de chance d’améliorer le pouvoir d’achat des Bruxellois.

D’abord et avant tout parce ces chantiers sont peu nombreux, ciblés et n’enrichissent qu’une frange infime des citoyens : en d’autres termes, la ligne 3, ce n’est pas le New Deal ni le Plan Marshall d’après-guerre, tous deux soit dit en passant, étaient déjà, à l’époque, qualifiés de « partiellement » keynésiens.

Ensuite parce que l’économie bruxelloise présente ce profil si avantageux de nourrir  27 % d’individus dans le non-marchand, 21 % de fonctionnaires (au sens large) et 14 à 15 % de chômeurs, ce qui nous laisse à peine 38% d’employés et d’indépendants. Dans cette équation où la population active représente 58,9 % (source : Eurostat et Actiris), rappelons-nous vite que l’amateur de Mercedes B…ouchez vise les 80 %… Good luck with that ! Mais il faut dire que sans gouvernement, on ne peut pas vraiment lui en tenir rigueur. Pour le moment.

Keynes qui peut

Avec grosso modo 2/3 des citoyens actifs qui se paient sur la bête en circuit court, et donc sans rien créer, vous aurez compris que même si le Parti socialiste décidait de creuser un tunnel vers Knokke-le-Zoute, personne ne profiterait de ce nouvel « investissement keynésien ». La preuve par l’absurde réside dans la nouvelle ligne de métro : budget public exponentiel et… pas un euro de plus dans votre poche…

Mais, nous direz-vous, tout ne peut pas être éclairé à la lueur du libéralisme de Hayek ou Bastiat et même si les fonctionnaires sont financés par des taxes, leurs cotisations et impôts (le fameux effet retour) ne représentent pas un « circuit nul » : ils soutiennent aussi des services essentiels qui libèrent du temps et des ressources pour le privé (ex. : la sécurité publique permet aux entreprises de prospérer). De plus, en période de crise, les investissements publics stimulent l’emploi, les salaires et la consommation, créant un cercle vertueux.

La réalité de la dette

Oui… Sauf que si tout cela devait se vérifier, la région bruxelloise ne devrait pas avoir vu sa dette régionale passer de 5 milliards en 2017 à 14 milliards en 2024. Alors même que les effectifs de ses fonctionnaires augmentaient de 49% sur la même période. Où est la création de richesse à la Keynes selon cette hypothèse ?

Si le public créait de la valeur, on pourrait même s’attendre à une amélioration budgétaire. Las, les chiffres sont têtus et les analyses démontrent une inefficacité totale: hausse des contractuels (64 % en 2023), vieillissement des effectifs (pyramide des âges inversée), et coûts salariaux croissants sans gains de productivité mesurés. Un « suremploi public » qui évince le privé, avec un multiplicateur fiscal négatif à long terme.

Bang Bang !

Tout le reste est à l’avenant, y compris la sécurité avec, le week-end dernier, non pas une fusillade mais deux : l’une à Anderlecht et l’autre à Molenbeek pour ne pas faire de jaloux. Alors Messieurs de la politicaille, toujours envie de jouer la montre pour ennuyer Georges-Louis ?

En attendant de retrouver vos esprits, méditez cette citation (1923) de… John Maynard Keynes, votre idole incomprise : « À long terme, nous sommes tous morts. Les économistes se rendent un très mauvais service à eux-mêmes et à nous tous s’ils se contentent de contempler, dans la tempête, le comportement des vagues, en disant que, sur le long terme, la mer sera calme. » Pour appréhender l’urgence de votre décision, il vous suffit de remplacer le terme « économistes » par « politiques ».

Foster Laffont

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