Pour Philippe Close, Namurois bon teint qui rêve souvent d’incarner Bruxelles en l’absence de tout gouvernement régional, le projet écolo-progressiste dont sont gavés les Bruxellois depuis près de 20 ans est une… réussite. La preuve ? Le nombre d’habitants augmente. Pas si vite camarade !
La population de la ville de Bruxelles a en effet augmenté de… 65.000 habitants en 25 ans, soit une moyenne de 2.600 habitants en plus par an pour passer aujourd’hui la barre symbolique des 200.000 individus.
Niveau régional, c’est moins rose, le solde migratoire interne (étude IBSA de novembre 2024, Institut bruxellois de statistique et d’analyse), soit la différence entre les immigrations et les émigrations internes, s’élevait à -18 752 unités en 2023. La Région bruxelloise reste donc nettement déficitaire par rapport aux deux régions, par le jeu des migrations inter-régionales.
Dégradation de la dette
Sur base de ces chiffres locaux, le bourgmestre Close refuse toute réduction de ses effectifs administratifs et poursuit son recrutement. De 3.727 membres du personnel en 2013 à environ 4.400 aujourd’hui (+18 %),
c’est de toute manière 3% de plus que l’évolution moyenne de la population sur la même période. La région suit une tendance identique avec une augmentation de près de 50 % de ses effectifs… Roulez carrosse !
Qu’à cela ne tienne, au niveau de pouvoir supérieur, la région est rattrapée par le mur des réalités et doit trouver rapidement 300 millions d’économies pour éviter de voir la qualité de sa dette se faire dégrader par Standard & Poor’s début juin.
Une péripétie régionale qui ne devrait freiner en rien la gourmandise communale de Close qui, pour encenser son administration, aime à répéter qu’il est le premier employeur de la région. Se réjouir d’emplois payés par les impôts démontre à la fois la triste situation dans laquelle évolue ce pays tout en soulignant l’incapacité du monde politique progressiste à comprendre qu’il n’y a aucune fierté à devenir le premier employeur de quoi que ce soit lorsque l’argent de ces salaires provient de la poche du contribuable.
Paupérisation bruxelloise
De 1977 à 2021, la base taxable des villes belges est passée de 30 à 20 % du revenu national. Grosso modo 1/3 de revenus en moins alors que la population augmente ? En termes absolus certes, mais la classe moyenne a décidé de prendre la poudre d’escampette. C’est une étude de l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales, UCLouvain, mai 2025) qui le démontre. En 2023, ce sont également 166 entreprises high tech qui ont quitté la région…Encore bravo !
Un parfum de ressenti
Pointés du doigt dans les arguments qui poussent à fuir Bruxelles, la complexité institutionnelle, les aménagements du territoire, la propreté et… l’insécurité. Enfin, le « ressenti » de tout cela puisque l’homme politique progressiste a fort bien intégré ce concept météo qui permet d’atténuer toutes les critiques. C’est le syndrome de « Vous pensez être en danger mais vous ne l’êtes pas » !
L’immobilier brusseleir en chute de 10 %
S’il fallait encore un indicateur pour nos amis écolos-progressistes pour espérer leur faire prendre conscience que leur « projet de ville » n’est peut-être pas un modèle d’avenir, la fameuse brique dans le ventre du Belge devrait achever de les convaincre. Ici encore, il s’agit d’une analyse printanière (12 mai) qui exprime que, si la tendance à se tourner vers la périphérie pour s’offrir un toit ne date pas d’hier, la baisse des droits d’enregistrement de 12,5% à 3% en Wallonie et de 3% à 2% en Flandre a rendu le Bruxellois de souche un peu suspicieux par rapport au marché. Chaque citoyen sait que la fiscalité belge le considère un peu plus chaque jour comme une poule sans tête juste bonne à être plumée. Mais avec 12,5% de droits d’enregistrement bruxellois, ce sentiment n’est plus vraiment un… ressenti.
Ad nauseam
Si seulement ces « élus de carrière » (aberration en soi) tentaient de se reprendre, mais non. Le budget de l’espace muséal de la Bourse a triplé et l’attraction ne fonctionne pas comme prévu, qu’importe ! On ira chercher plus de pognon dans les poches qui restent. Cette sarabande-là ne s’arrête jamais: ainsi, Kanal qui refait son apparition. Un nouveau musée qui coûtera au bas mot 50 millions par an (!) contre 24 estimés au départ. Alors même que les autres musées bruxellois ne sont pas dans un état d’entretien pristin.
Rappelons aussi que l’Inspection des finances avait remis un avis défavorable sur le contrat de gestion, réclamant une analyse détaillée de la charge de travail et un éclaircissement des barèmes, estimant que les salaires proposés par la Fondation Kanal dépassent les rémunérations d’autres institutions muséales. «Il y aurait de nombreuses fonctions dont le salaire annuel brut hors avantage avoisine les 100.000 euros par an sans que les besoins d’encadrement soient démontrés «. Sous cette remarque policée, une nouvelle gabegie socialisante. Tout le monde le sait. Personne ne fait rien.
Le 4e B du non peut-être ?
Taxation débridée, finances dans le rouge international, aménagements urbains pour la respiration « des petits zenfants et des petits zoizeaux »
comme le disait si bien Pascal Smet, ville apaisée à coups de zones de rencontres, ghettos de quartier à 5 minutes de rien, projets d’investissements foireux en dépassement de budget… la liste est longue des décisions faites pour abaisser les gueux, comme dirait Alexandre Jardin, l’écrivain français en guerre contre les zones de basse émission.
Le tout habillé de festif, d’inclusivité et des reliques d’un « vivre-ensemble » sans colonne vertébrale : Boire, Bouffer, B…, c’est encore permis (et encore, dans le silence, l’ordre et sans fumer en plein air s’il vous plaît bien) mais Bosser, ça n’intéresse plus grand monde dans les hautes sphères.
Résultat final : le citadin vote avec ses pieds, déplace sa maison et son commerce en périphérie, paie moins d’impôts et gagne plus d’argent. Dans un cadre sécurisé, sans ressenti grotesque, intégré dans un environnement agréable et propre. La messe est dite.
Foster Laffont






