GLB renoue avec l’héritage de Jean Gol
Ce qu’on ne pardonne pas à Georges-Louis Bouchez, c’est d’avoir gagné les élections ! Personne ne s’y attendait : ni la gauche, ni les médias, ni même les caciques de son propre parti. Les barons du MR avaient déjà prévu de l’éjecter après le scrutin. Son discours résolument de centre droit — voire de droite sur certains sujets, même s’il reste bien éloigné de la droite française — et sa pugnacité face au PS ont séduit une partie non négligeable de l’électorat. Après 29 ans de libéralisme mou, teinté de gauche, Bouchez a renoué avec un discours dans la lignée de celui de Jean Gol, dont il est le digne héritier. Entre lui et son illustre prédécesseur, les quatre présidents successifs du MR ont eu pour seule stratégie de rester fréquentables pour le PS, espérant grappiller quelques miettes de pouvoir à tous les niveaux de l’État belge.
29 ans de perdus
Bouchez, lui, a osé un discours plus tranché, plus clair, malgré une évolution démographique peu favorable au MR en Wallonie comme à Bruxelles. Il a prouvé qu’il était possible d’atteindre ce chiffre magique de 30 %. Mais entre Jean Gol et GL Bouchez, ce sont aussi 29 années perdues pour la Wallonie où aucune stratégie sérieuse de redressement n’a été mise en œuvre. En bousculant un système verrouillé — où chacun protège ses privilèges (partis, médias, ONG, société civile, syndicats, mutuelles) — GLB est devenu l’homme à abattre. Pour tous ces profiteurs du statu quo, il est l’ennemi numéro un.
Gare à l’hubris
Son plus grand adversaire reste lui-même. Comme beaucoup de présidents de parti, il n’est pas à l’abri de l’hubris, oubliant parfois la précarité de sa position. Car s’il est en phase avec les électeurs, il l’est beaucoup moins avec l’appareil du parti et la majorité des élus, majoritairement ancrés au centre gauche, toujours soucieux de ne pas dire le mot de trop qui leur vaudrait une volée de bois vert médiatique ou une tempête sur les réseaux sociaux.
Malgré ses failles, il faut donc faire front et soutenir résolument le soldat Bouchez. Car au-delà de sa personne, c’est du redressement de la Wallonie — et peut-être même de l’avenir du pays — qu’il est question. Pour Bruxelles, hélas, il est déjà trop tard. Même une victoire électorale nette n’y suffit plus à inverser la tendance de fond. ■






