Le bourgmestre de la ville de Bruxelles, grand amateur de Salaam Cola et toujours auto-proclamé garant tatillon des principes laïques du PS, n’a pas le même parcours médical que son frère cardiologue. Sa spécialité, c’est plutôt l’euthanasie urbaine. Et pour faire passer Bruxelles de vie à trépas, Philippe aura d’abord multiplié les entraves méchantes à la circulation en compagnie des écolos pour achever le patient sous l’édredon de la taxation. Avec la bénédiction du MR, cette fois.
Le dernier conseil communal (23 juin) aura causé budget, dépenses, emprunts, déficits et cautions solidaires… bref tout l’attirail du bourgeois désargenté chez le prêteur sur gages. Il aura aussi passé en revue les tarifs de près d’une trentaine de taxes, pas moins, qui enquiquinent la vie de ses habitants et de ses entreprises.
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Taxes, Taxes, Taxes… Close, le bourgmestre qui parle à l’oreille de votre portefeuille
Par le menu, quelques taxes et augmentations qui vous hanteront jusqu’en… 2032 :
Parking : on ne vous refait pas l’article, la tarification fait la cabriole à 200 % ou presque (et 42 € pour 2 heures si vous omettez de payer), soit le tarif horaire d’une infirmière.
Surfaces de bureau : à partir de 125 m2, c’est 24 € l’unité de surface, soit 3000 € annuels pour n’importe quelle PME un peu active. Ce qui fait tout de même 41 % d’augmentation en 2025 !
Serveuses et serveurs occupés dans les débits de boissons : oui, oui, vous pensiez que l’ONSS et le précompte se chargeaient déjà de leur faire les poches, mais la ville s’associe : 1486 € pour la première personne occupée et 892 € par personne à partir de la deuxième. Une précision, cette taxe semble se concentrer sur le service « de charme »… Des Madamekes qui « inciteraient par leur comportement à consommer davantage ou se font offrir habituellement des consommations par la clientèle ». Mmmmh, et si on vous propose un dessert, c’est y taxé ou pas ?
Antennes : 4623 € annuels par antenne (sic)… Sur la région bruxelloise, il y aurait environ 1500 sites d’émission (calcul Bruxelles Environnement) qui rassemblent… plusieurs antennes. Un joli pactole que vous payez indirectement via vos abonnements gsm.
Immeubles à l’abandon ou négligés : 607 €/mètre de façade multiplié par le nombre d’étages.
Travaux et réaffectation : là encore, une taxounette de 4 €/m2. Les forces progressistes aimeraient bien ne pas faire fuir les investisseurs. Trop tard.
Toutes-boîtes : la pub, on n’aime pas et c’est donc 0,20 € par prospectus non adressé dans votre boîte. Cela peut vite chiffrer.
Inhumation : même mort, vous casquez encore… Sans urne ou cercueil éco-machin, c’est 750 € !
Documents administratifs : A titre d’exemple, si votre enfant perd 2 fois sa carte d’identité en 3 ans, hypothèse pas du tout improbable, le tarif passe de 11 € à… 150 €. La distraction et la nonchalance ne passeront pas !
Magasins de nuit : on retombe dans la rage taxatoire avec une taxe d’ouverture et une taxe d’exploitation. Respectivement 7132 € la première année puis 4755 € les années suivantes. Montant indexé chaque année. Un véritable petit 13e mois de loyer.
Résidences non principales : Même les forces du progrès adaptent leur langage. On ne parle plus de seconde résidence mais tout de même d’une taxe annuelle de… 3000 € pour un bâtiment dont vous disposez sans qu’il soit votre domicile. Sympa, non ?
Enseignes : évidemment, la publicité satanique doit elle aussi être combattue fermement. A partir de 25 €/m2 et jusqu’à 150 €/m2 au-delà de 75 m2 de surface.
Co-living : ah, qui ne se souvient de ces « nouvelles manières d’habiter » ? Oui mais pas sans se faire racketter, faut pas non plus être déraisonnable. Avec des nuances cependant : vivre avec un vieux malade, c’est pas taxé. Vivre à 4 dans une maison avec des chambres privatives, parfois seul remède à l’explosion des loyers à Bruxelles, et bien c’est … 1596,95 €… par chambre et à charge du méchant proprio.
Manifestations sportives : la ville confisque 0,85 € par billet d’entrée. N’oublions pas que le Heysel est sur son territoire… La taxation est un art.
Spectacles et divertissements : le principe est un peu toujours le même, dès que l’on s’amuse, il faut payer. Il s’agit ici, dans le même sac, des concerts mais aussi des foires et salons ou des salles de cinéma : 0,50 € par spectateur sans exonération possible…
L’entreprise, la voiture et une certaine morale bourgeoise, voilà donc la colonne vertébrale de la taxation à Bruxelles. Et encore, cette majorité PS-MR vient-elle d’abroger la taxe sur les maisons de ventes aux enchères et, il n’y a pas si longtemps, la taxe sur la danse (re-re-sic).
Manquent à l’appel, la perception sur la fine champagne, la taxe sur le cigare, les accises sur le premier étalon et l’impôt sur la calèche pour conserver à Bruxelles ce lustre que toutes les capitales nous envient. En attendant, les entreprises poursuivent leur migration extra muros.
Foster Laffont






