Le blanchiment d’argent consiste à dissimuler l'origine illégale de fonds en les faisant passer pour des fonds légitimes. Des sociétés fictives servant à transiter de l’argent issu de la drogue. Des transactions immobilières maquillant des bénéfices issus de trafic d’armes. Ou, tout simplement, pour les criminels 2.0, des crypto-monnaies permettant de transférer des fonds vers l’étranger ! Eh bien, ce n’est pas compliqué, le noircissement d’argent, c’est exactement le contraire. Organiser une jolie petite cagnotte pour soi-disant « acheter l’appareil dentaire du petit dernier » et partir avec la caisse pour financer la location d’un camion assassin. Demander un prêt personnel à la banque et s’offrir une nouvelle ceinture d’explosifs. Ou, encore plus fort, utiliser l’argent public, comme les allocations du CPAS ou du chômage, pour financer l’acquisition de nouvelles armes. En devenant nettement moins dispendieux, le terrorisme n’a donc plus besoin de gros montages financiers pour parvenir à ses fins. La terreur n’est en effet pas matérielle : il suffit d’un acte brutal pour la créer. Et ça ne marche pas uniquement avec un groupe armé de bazookas de dernière génération : un loup solitaire au couteau IKEA, peut lui aussi semer la panique.

Selon un rapport d’information publié par les députés français Valérie Boyer (LR) et Sonia Krimi (LREM), l’attentat de Nice en 2016 n’a coûté que 2.500 euros, contre 400.000 dollars pour celui du 11 novembre 2001 à New York.

Ce même rapport apporte quelques éclaircissements intéressants sur les financements de ces terroristes agissant en solitaire : s’il est encore question de fonds criminels, de nouvelles méthodes sont mises en lumière, au premier rang desquelles, les cagnottes. En effet, en la matière, la sécurité bancaire encadrant les cagnottes est souvent assez relative. Le rapport cite ensuite les « prêts à la consommation » : une méthode très efficace qui permet de rapidement recueillir des fonds en présentant de fausses fiches de paie. Enfin, et c’est là où ça devient franchement embarrassant pour les autorités, en utilisant de l’argent des fonds publics, en détournant « dans certains cas les prestations familiales et allocations chômages, notamment lorsque les familles ont pu continuer à les percevoir malgré les départs sur zone, en utilisant la substitution de personnes aux rendez-vous et des faux documents. […] De façon générale, le soutien familial a pu être une source de financement de voyages sur zone ou d’actes terroristes. » Bien entendu, ce phénomène n’est absolument pas limité à l’Hexagone : le rapport indique en effet que « le soutien familial est une donnée observée dans l’ensemble de l’Europe, et n’est pas propre à la France. »

Ces vraies menaces seront-elles mesurées à leur juste mesure ? Hélas, dans les discours des dirigeants passés à la moulinette verte et tartinés de wokisme, il est plus question de zone à faibles émissions, d’isolation du bâti et de justice sociale que de lutte acharnée contre le terrorisme. Il y a 7 ans, votre serviteur a frôlé la mort lors des attentats du 22 mars 2016, à l’aéroport de Zaventem. Pas un seul jour ne passe sans que ce souvenir ne s’efface. Parce que rien n’est fait pour qu’il ne s’efface…