En décembre 2020, le secrétaire d’État américain de l’époque, Mike Pompeo, désigne le Nigeria comme un « pays particulièrement préoccupant ». Il s’agit d’une « liste noire » de pays qui commettent ou tolèrent des violations de la liberté de religion particulièrement préoccupantes. Le 17 novembre 2021, l’Administration Biden retire ce pays de la liste sans donner d’explication. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), une entité indépendante et bipartisane du gouvernement fédéral créée par le Congrès américain pour surveiller, analyser et rendre compte de la liberté religieuse à l’étranger, s'insurge ontre cette décision. Il convient de noter que l’administration Obama - avec Joe Biden comme vice-président - n’avait pas non plus placé ce pays d’Afrique de l’Ouest sur la liste. Alors que Hilary Clinton avait même refusé de désigner Boko Haram comme une organisation terroriste, l’administration Biden n’a pas osé le retirer de la liste qu’avait établie Mike Pompeo.

Cette décision est incompréhensible, compte tenu des nombreuses exactions commises à l’encontre des chrétiens. C’est le pays du monde où le plus de chrétiens sont tués à cause de leur foi. Au Nigeria, un chrétien est tué pour sa foi toutes les deux heures ; cela représente près de 13 chrétiens par jour et 372 chrétiens par mois. Depuis juillet 2009, 43.000 chrétiens ont été assassinés et 18.500 ont été enlevés pour ne plus jamais être revus. Au cours de la même période, environ 17.500 églises et 2 000 écoles chrétiennes ont été brûlées et détruites. Les musulmans chiites et les témoins de Jéhovah sont également persécutés. 

L’ONG Portes Ouvertes (NDLR : une ONG chrétienne qui défend les chrétiens persécutés pour leur foi en Jésus-Christ dans le monde) continue de dénoncer cette situation révoltante et annonce que 5.014 chrétiens ont été tués en 2022 au Nigeria et que des milliers de personnes ont fui ! Le parti républicain a tenté de réagir, mais Joe Biden a bien réfléchi et il ne reviendra pas à la situation précédente.

Gatestone publie, ce 15 février, un article qui donne des détails effrayants sur le nombre de chrétiens massacrés. Ni Gatestone ni aucun autre site d’information n’avance d’hypothèse pour expliquer le revirement de l’administration Biden. 

Une des explications de ce changement de politique américaine semble être la préoccupation quant à l’approvisionnement énergétique des pays de l’OCDE. Pour plaire à la gauche de son électorat, l’administration Biden ne cesse de critiquer le pétrole au point de saboter sa propre production. Mais en même temps, elle cache la vérité : il n’est pas possible de se passer de pétrole. C’est un secret d’État de faire croire aux gens que grâce aux éoliennes et aux panneaux solaires, le monde n’a plus besoin de pétrole, de gaz et de charbon. Il faut donc produire le pétrole ailleurs, et il y en a beaucoup ailleurs. Y compris au Nigeria. Dans PAN du 30 novembre 2022, nous avons présenté la stratégie de Joe Biden pour récupérer le pétrole du Venezuela, qui était pourtant sous sanctions américaines.

Le Nigeria dispose d’importantes réserves de pétrole et de gaz. Joe Biden serait heureux que le Nigeria produise plus de pétrole et de gaz pour ne pas trop faire grimper le prix de l’essence aux États-Unis qui est l’un des principaux paramètres déterminant la popularité des présidents américains. Tant pis pour les chrétiens. 

Le 25 février, se dérouleront les élections présidentielles dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Les deux principaux candidats font partie du système depuis des décennies et comptent parmi les plus riches du pays, ce qui n’est pas de bon augure pour renverser la situation économique et sécuritaire désastreuse du pays. La malédiction de l’excrément du diable - un terme technique pour désigner la corruption et la pauvreté liées au pétrole - se poursuivra. À moins qu’un troisième candidat - Pierre Obi - ne crée la surprise. Ces 50 derniers jours, plusieurs sondages le place devant les deux favoris : Bola Tinubu et Atiku Abubakar.