La campagne de corruption en amont de la Coupe du monde de football 2022, et dont l'enquête est toujours en cours, révèle presque chaque semaine de nouvelles malversations au Parlement européen. Les valises à roulettes et les porte-documents débordent de billets de banque. « Cette affaire ressemble à un remake du "Titanic", mais à très grande échelle », estime M. Sonneborn qui, contrairement à ses collègues élus, n’hésite pas à parler d’argent.

En tant que député au Parlement européen, il perçoit une "indemnité" de 9.808,67 euros par mois, dont il reste 7.646 euros nets. Mais ce n'est pas tout, loin de là. S'y ajoute, également chaque mois, une "indemnité pour frais généraux" de 4.993 euros et la manière dont il utilise cet argent n'est pas contrôlée. En outre, pour chaque jour où Sonneborn s'inscrit sur la liste de présence du Parlement, il reçoit une allocation de présence de 338 euros. S'il se rend sur les deux sites du Parlement à Bruxelles et à Strasbourg (avec son Audi de 23 ans), l'indemnité kilométrique est fixée à 0,56 centimes. Et n'avons pas encore mentionné les 27.937 euros par mois que Sonneborn peut utiliser pour un "assistance parlementaire". Il peut aussi, s'il le souhaite, voyager chaque semaine vers une destination de son choix dans l'Union européenne, les frais étant remboursés. « Même la bière au Parlement est subventionnée ». C’est une mauvaise blague ? Non … Et à ce niveau d’émoluments, « si 2000 euros devaient traîner dans un couloir, aucun parlementaire ne se baisserait », affirme M. Sonneborn. Quand les moqueurs ne sont plus drôles, c'est qu'il y a quelque chose de pourri dans l'Etat.

L’histoire pourrait continuer indéfiniment. Elle fait partie d'une réserve inépuisable de cas similaires que Sonneborn rapporte à Welt. « Les partis font des deals pour l'argent, les postes et les chauffeurs, l'économie a une interface avec la politique en Europe, c'est un beau circuit fermé ». Et pourtant, dans son ouvrage "Herr Sonneborn geht nach Brüssel" (NDLR : M. Sonneborn part pour Bruxelles), il dénonce. L’homme a aussi 320.000 followers sur Twitter et 250.000 abonnés à sa chaîne YouTube "Bericht aus Brüssel". Mais, cela n'a que peu d'effet. « L’intérêt pour les scandales de l'UE est faible : Il n'y a pas de masse critique ! », ponctue-t-il en fin d’entretien.