Lorsque l’on analyse les revendications de ces jeunes au sein de ces mouvements, à la lumière de leurs comportements et de leurs habitudes, on constate très vite une évidence : ils n’appliquent pas souvent les dogmes prônés et ils ne sont pas tous prêt à renoncer à leur confort. Que ce soient les voyages en avion, ou les dernières technologies au prix exorbitant, la conscience écologique s’arrête bien souvent là où le voyage aux Canaries commence.

Il suffit de jeter un œil à l’état des rues après les manifestations où l’on pouvait régulièrement retrouver des pancartes ou des cartons de fast Food laissés aux bons soins des ouvriers de la ville quant à leur ramassage (un mépris de classe qui semble cocasse aux vues de l’orientation politique majoritaire des marcheurs).

Et lorsqu’on s’attarde sur le dogme en lui-même, il s’agit de demander aux dirigeants d’agir dans l’intérêt collectif sans toutefois entreprendre pareilles actions au sein de la communauté des marcheurs. Solutions qui permettraient, ne fut ce qu’à une petite échelle, d’avoir un impact positif sur le climat. 

On peut également se questionner sur l’efficacité d’actions à notre niveau (belge ou européen). Nous sommes en effet assez minoritaires, tant dans l’émission de pollution, que pour la promotion des dogmes écologiques. Les USA ou la Chine font en effet beaucoup moins de crises de conscience concernant les millions de tonnes de CO2 qu’ils rejettent chaque année. Faudrait-il alors s’en aller imposer nos idées écologistes aux différents pays ? Ceci pourrait poser la question d’un colonialisme idéologique fort malvenu et qui pourrait ne pas trouver un bon écho chez ses destinataires.

Vous ne la connaissez peut-être pas, bien qu’elle ait une certaine présence médiatique depuis quelques années, mais il s’agit de notre « Greta Thunberg nationale ». À l’instar de son homologue suédois, elle milite et alerte à propos du danger qu’encours notre planète face à l’inexorable changement climatique. Elle fut reçue par de nombreux médias nationaux, qui lui accordèrent de nombreuses tribunes. 

Elle a cofondé le mouvement Youth for climate qui comme son nom l’indique, milite pour lutter contre le changement climatique. Elle est également fille d’un membre du parti Ecolo. Un parti très connu pour ses positions parfaitement rationnelles sur des sujets environnementaux, notamment sur la question du remplacement du nucléaire par le gaz.

Mais malheureusement, elle qui se voulait Cassandre, semble n’être qu’Arlequin. Que ce soit dans les documentaires qui lui sont consacrés ou dans les différentes interviews, billets d’opinion et articles qu’elle peut rédiger dans nos grands médias, il n’en ressort qu’une chose : elle n’est qu’une actrice dans un immense village Potemkine médiatico-politique. Les personnes qui l’applaudissent de la main droite et la félicitent d’un ton paternaliste concernant son « merveilleux engagement » signent également de la main gauche des contrats sur des mines de charbon (entre autres) à sept ou huit chiffres, se foutant éperdument de la question climatique.

La dernière phrase n’est pas tout à fait vraie. Les autorités politiques agissent de temps en temps en faveur du climat et c’est dans une écrasante majorité des cas, par des mesures au mieux coercitives au pire punitives. La taxe carbone, l’interdiction des vieilles voitures dans le centre-ville de Bruxelles (forçant au passage à racheter une voiture et donc à re-générer la pollution de production), etc… Vous ne verrez que très peu d’actions gouvernementales proactives et positives qui aideraient l’écosystème ou l’environnement et les seules qui sont faites dans cet optique sont rarement mises en avant.

Comprenez bien chers lecteurs qu’il n’y a aucune animosité envers mademoiselle Charlier dans ses lignes, il est évident que ses convictions sont sincères. Il n’y a qu’une vaste incompréhension contre l’absence de révolte. Tous ces militants et militantes médiatisées qui, soit ne se rendent pas compte qu’on les prend pour des truites, soit qui semblent s’en accommoder (et dans quel but ?).

Bien que cet article soit particulièrement incendiaire sur les jeunes défenseurs de la cause climatique, le scribouillard derrière ces lignes croit que cette cause dans l’absolu est une cause qui mérite d’être défendue. Il existe évidemment plusieurs solutions qui agissent sur deux niveaux : au niveau de l’individu et au niveau de l’action politique.

Il y a bien évidemment au-delà de la volonté de sécher les cours, l’expression d’un mal-être, d’une angoisse des jeunes par rapport à l’avenir et au climat. Ce n’est pas anodin et ce n’est pas négligeable, mais on peut agir chacun d’entre-nous pour se sentir mieux, et que cela ait un vrai impact pour l’environnement (aussi minime soit-il).

L’ensemble des gestes bateaux comme utiliser le vélo et les transports en commun, essayer de privilégier le rail à l’avion, peuvent participer à la bonne conscience de chacun et à la préservation du climat à notre petite échelle. Il y a aussi un grand classique qu’il est bon de reprendre : ne pas jeter pas les électroniques, mais privilégier la réparation. C’est moins cher, et ce sont des terres rares utilisées en moins.

Quant au sujet de l’action politique. Il apparaît que les marches pour le climat ou le militantisme bas du front n’a pas beaucoup de sens dans l’action climatique. Mais cette force, ce nombre est un énorme avantage dans cette même action. Il y a deux solutions : la lutte avec le système et la lutte contre le système.

La plus efficace des luttes dans nos démocraties et la moins dommageables pour la collectivité (et donc celle à prôner et à appliquer) est la lutte avec les armes du système. Ils n’étaient pas moins de 25.000 marcheurs pour les manifestations pour le climat. Avec cette force humaine, ils peuvent s’organiser pour intenter des actions administratives, législatives ou commerciales. 

Un exemple très concret : il y a la possibilité d’introduire des pétitions devant les chambres fédérales pour ajouter ou modifier des lois belges. Il faut pour cela un certain nombre de signatures. Il suffirait donc qu’une première pétition soit faite, soit validée et analysée par le Parlement. Et si elle est rejetée ? Très bien ! Il suffira d’en refaire une autre, et encore une autre jusqu’à obtenir des changements tangibles. C’est cela lutter avec les armes du système.

La dernière solution, que certains appellent de leurs vœux (surtout dans les partisans les plus à gauche) est la lutte contre le système. En claire, c’est une révolution. C’est un écueil dans lequel nous devons nous garder absolument de tomber ! Bien qu’il y ait eu des révolutions avec des issues positives (elles ne sont pas nombreuses), une révolte guidée par l’idéologie relativement absolutiste, conduit toujours à de terribles conséquences, tant humaines que politiques. L’écologisme politique dans son état actuel, est une des idéologies les plus absolues qui ont court parmi la population. En effet, quel sacrifice serait trop grand pour sauver la Terre ? 

La Lutte pour le climat sera donc de toute façon politique, mais il nous incombe qu’elle soit efficiente.