Lors des premières vagues, absence de respirateurs, engorgement des soins intensifs, nous avons abandonnés nos aînés à leur sort. Lors des vagues successives, nous avons malmené les plus jeunes. Malgré ces dérives accumulées, les mesures de confinement, comme les autres prises, n’ont pas prouvé leur efficacité. Les vaccins, à doses successives de plus en plus rapprochées, sont aussi arrivés aux limites de leur crédibilité. Nos dirigeants ont transformé l’outil de la vaccination pour en faire un outil de contrôle social. La liberté est devenue l’exception. Et qui ne se faisait pas vacciner était un « sous citoyen », comme l’a souligné Emmanuel Macron en « emmerdant » ouvertement une frange stigmatisée des Français.

Si chacun a droit à l’erreur, un agacement certain pointe. Sans discourir sur la pertinence de leurs compétences, certains scientifiques ont quitté la santé publique, au détriment de leur éthique, pour sombrer dans la morale politique. Leurs déclarations ont fourmillé d’approximations et de contre-vérités. Mais, ils ont persisté à vouloir convaincre à tout prix, sans changer d’un iota leur stratégie. Ceci, sans compter que l’on a impute aux non-vaccinés une crise structurelle des soins de santé qui dure depuis plus de dix ans. Lorsqu’un scientifique participe à une action d’information du public, il doit faire preuve d’objectivité.

Les hôpitaux sont aujourd’hui gérés en flux tendus comme des entreprises privées. Il faut être rentable. En France, le nombre de lits pour soins curatifs pour 100.000 habitants a baissé de 13,7 % et en Belgique, de 10,9%, alors que la population a augmenté dans le même temps de 10% (chiffres OCDE). L’économie sanitaire a remplacé les soins de santé. Et l’ambulatoire est le tournant non maîtrisé qui va de pair avec ces réformes hospitalières. 

Devons-nous être des imbéciles heureux ? « Le point crucial du progrès intellectuel consiste en la synthèse de la connaissance, éclairée par la raison humaine », nous rappelle les philosophes des Lumières. Certaines variables se doivent d’être ajustées. Plutôt que de poursuivre dans une voie mortifère, le bon sens devrait nous inviter à adopter un prisme renouvelé en lecture. A la dystopie du désastre, d’autre options sont permises. Ne serait-il pas enfin temps de faire le point, avec remise en question sur les errements, avec humilité sur les ratés et avec un nouveau prisme en lecture sur les futures avancées ? Bilan sanitaire dressé, ne serait-il pas temps surtout de repenser le système en admettant que la santé doit échapper à la loi du marché. Ces questions, mesdames, messieurs les politiques, méritent à tout le moins d’être posées.