En Flandre, ce ne sont d’ailleurs pas que les Verts qui sont dézingués : tous les partis traditionnels boivent le bouillon ! En effet, Vlaams-Belang et N-VA recueillent à eux deux, pas loin de la moitié des votes ! De quoi donner des frissons aux partis traditionnels qui, jusqu’il y a peu, dominaient l’échiquier politique de la tête et des épaules. En Wallonie et à Bruxelles, si les partis traditionnels s’en sortent un peu mieux (quoique l’arrogant PTB ait réussi à consolider sa 3ème place), ECOLO boit aussi la tasse.

Tout d'abord, il est important de noter que les idées écologistes ont été largement adoptées par les autres partis politiques. Les questions environnementales ne sont plus l'apanage des écolos et autres amateurs de navets aux asperges : ces thèmes font désormais partie des programmes de tous les partis. Ben oui, à part quelques hurluberlus bien isolés, qui voudrait menacer la belle planète sur laquelle nous vivons ? Le problème, chez les Verts, c’est que cette fixation sur l’écologie a tendance à éclipser les autres problématiques, qui sont souvent reléguées au second plan. 

Le « Touche pas à ma planète », sur fond de trottinette, de pailles en bambou et de livreurs circulant en vélo-cargo, a de plus en plus de mal à passer. En temps de crise comme aujourd’hui, où les priorités de la classe moyenne sont plutôt de savoir comment boucler les fins de mois quand l’énergie se négocie à prix d’or, ça ne pardonne pas. Et il n’y a pas que le PAN qui pense de la sorte, puisqu’Herman Van Goethem, recteur de l’Université d’Anvers, s’interroge dans un entretien accordé à Knack : « Un parti écologiste à part entière a-t-il encore lieu d’être ? ». Dans cet entretien, il se pose la question de la pertinence d’« un parti qui se focalise sur un thème auquel il en subordonne d’autres. Un parti se doit pourtant d’avoir un programme qui englobe tous les aspects de la politique. » Et PAN !

Non, bien sûr que non. Mais il y a une grande différence entre voter pour les Verts et se soucier du sort de la planète. Tous les sondages européens le prouvent : les habitants du Vieux-Continent sont de plus en plus inquiets vis-à-vis du dérèglement climatique. Si les partis écolos accusent donc un tel revers, c’est donc parce que les partis traditionnels répondent à leurs inquiétudes et aussi parce que les actions de leurs élus ont joyeusement pourri la vie de nombreux citoyens ! L’un des exemples les plus frappants est évidemment Elke Van Den Brandt, donc chaque sortie dans la presse fait trembler les navetteurs, indépendants et autres livreurs… Les Khmers verts et leur dictature du vélo, du compost et du carton recyclé, sont dépassés. Il est grand temps pour eux de se renouveler en ces temps de crise profonde !