Mais ne nous y trompons pas. Personne n’est obligé de rester dans un job qui le rend malheureux, tout le monde est libre de donner sa démission. Les journalistes sont des gens diplômés d’un master, qui développent assez vite un réseau et qui, à la RTBF, reçoivent des formations tout au long de leur carrière. Retrouver un job intéressant est tout à fait possible, que ce soit dans la communication, un autre média, ou encore plein d’autres domaines. Il suffit d’ailleurs de voir le nombre de journalistes RTBF devenus communiquant pour Ecolo, l’Awex ou autres institutions politicardes.

Mais ce qui aliène les collaborateurs de la RTBF, ce sont leurs conditions contractuelles. Ils ont la sécurité d’emploi à vie, ils ont une retraite de fonctionnaire, ils sont payés 30% de plus que la moyenne des journalistes en Belgique. Ils travaillent 35 jours (7 semaines !) de moins qu’un employé lambda parce que quelles que soient leurs heures réellement prestées, leur journée est comptabilisée comme une journée de 9h. On peut même monter à 11h pour un présentateur du JT. Alors tant que leur métier leur plait, qu’ils ont l’impression d’expliquer le monde aux ignares que nous sommes, de dénoncer les injustices de la planète, et quand même aussi, de gagner petit à petit en responsabilité ou surtout, en visibilité, ils sont heureux. Mais le jour où ils ne le sont plus… et qu’ils pensent à partir… ils n’y arrivent pas, parce que le confort matériel de leur situation de quasi-fonctionnaire de service public est trop difficile à lâcher. Et quand la direction n’est plus satisfaite de leur travail, elle ne les vire pas, parce qu’on ne peut pas faire ça dans le service public. Alors on les « déplace ». On enlève des responsabilités tout en maintenant le salaire parce que c’est la loi. Mais on enlève des avantages, parce que ça on peut. 

Niveau estime de soi… ça n’aide pas. Mais remettre la responsabilité de la vie d’un homme sur son employeur revient à considérer que nous ne sommes pas libres de nos choix. Démissionner est un choix que tout le monde peut faire. Surtout avec ce qu’un employé de la RTBF peut mettre de côté au cours sur sa carrière.

Aujourd’hui, la SDJ, sorte de syndicat des journalistes dont la mauvaise foi est sublimée par ses soutiens politiques qui influencent les nominations des directeurs de la RTBF, appelle celle-ci à ne pas rester sourde aux nombreux « Alain » présents dans la rédaction...C’est d’un cynisme… Ont-ils oublié la façon dont ils ont été les premiers à clouer publiquement Alain au pilori lors de sa nomination à un poste à responsabilités en 2018… ?