Si Smith vivait aujourd’hui, il verrait comment des hommes politiques bien intentionnés ont fini par nuire à la masse des Européens. C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui avec les politiques écologistes qui sont censées sauver la planète, mais qui pénalisent économiquement les Européens sans empêcher les émissions mondiales de CO₂ d’augmenter de 60 %, alors qu’elles prétendent les réduire.

Mais la résistance s’organise, si bien que si le pic pétrolier n’est pas près de se produire et encore moins celui du gaz naturel et du charbon, le pic vert est bel et bien là. En quelques semaines, une série de décisions ont montré qu’une partie du monde politique a compris le danger du Pacte vert de la Commission européenne. Voici quelques revirements que viennent de subir les « écologistes de tous les partis ».

Mais surtout, partout dans le monde en dehors de l’UE, les projets d’investissements dans les énergies fossiles se multiplient à un rythme impressionnant comme jamais avant. 

Conscients que le vent tourne, et craignant le retour de bâton populaire lors des élections européennes du 9 juin 24, les « écologistes de tous les partis » redoublent d’audace. Jamais les opposants à la vision utopique de la maîtrise du climat par la législation n’ont fait l’objet d’autant d’attaques. En bon socialiste étatiste, sachant que les citoyens ne peuvent accepter des mesures coûteuses, inutiles et liberticides, l’économiste Pisani-Ferry propose à Élisabeth Borne un « prélèvement dédié » qui pourrait « être assis sur les actifs financiers des ménages les plus aisés » pour financer le coût exorbitant de la décarbonation. L’objectif est la justice sociale. Afin de financer l’impayable décroissance organisée par les « les écolos de tous les partis », Paul Magnette, la député européenne socialiste française Aurore Lalucq, l’économiste français Thomas Piketty, Oxfam et d’autres partenaires,   ont déposé le 9 juin une Initiative Citoyenne Européenne pour un impôt sur les grandes fortunes !

Lorsqu’il était ministre belge de l’Énergie, Paul Magnette a déclaré à la RTBF, lors de la COP-15 de Copenhague, que « la politique climatique était le moyen de parvenir à la justice sociale ». À la question du journaliste de savoir ce que sa délégation avait fait pour réduire les émissions à la COP, il a répondu qu’elle utilisait ». Un bic vert qui ne va pas empêcher le pic vert.

Un syndicaliste brésilien, Chico Mendes, a dit que « la lutte contre le changement climatique sans la lutte des classes, c’est du jardinage ». Face à la destruction organisée et hypocrite de notre prospérité, nous devons admettre que 300 ans plus tard, Adam Smith a encore raison.