Cela s’est déjà vu et cela n’étonnera pas les vieux roublards du métier : les changements de fiscalité, ça enflamme le marché qui retombe ensuite comme un soufflé. Mais ce sont deux autres facteurs qui interpellent …. Le premier concerne la voiture la plus vendue dans notre pays. Non, il ne s’agit pas de la mythique VW Golf ou d’un énième SUV français, mais bien d’une… Tesla Model Y ! Un modèle proposé sur le marché à un prix « plancher » de 50.000 euros, soit un montant environ deux fois supérieur à ce qu’un particulier, en moyenne, consent à dépenser pour une voiture neuve ! Le deuxième, il concerne la disparition du salon de l’automobile en 2024. La FEBIAC nous annonce que c’est une soi-disant pause, mais on voit mal ce qui pourrait convaincre les constructeurs automobiles de revenir ! Comment décortiquer tout cela ? Suivez le guide !

Ces deux éléments se rejoignent : ils signalent l’un comme l’autre la disparition du marché destiné aux particuliers. Seules les entreprises ont aujourd’hui les reins suffisamment solides pour acheter un véhicule neuf ! Et encore, elles font souvent preuve de downsizing dans leur politique, car pour passer du thermique à l’électrique sans changer le budget, il faut sérieusement réduire la taille de l’engin. En effet, à équipement égal, une compacte électrique coûte environ 10.000 euros de plus que son équivalant doté d’un classique moteur à combustion !

Pour le particulier, c’est la panade complète. Il ne sait plus s’il doit investir dans une voiture thermique pour son confort d’utilisation, au risque de ne bientôt plus pouvoir rentrer dans les LEZ et donc, de perdre beaucoup en valeur résiduelle… Ou s’il doit faire le grand saut en passant à l’électrique, ne sachant pas toujours s’il pourra recharger et sachant aussi que la technologie n’est pas encore fin prête ! Parfois, la question ne se pose même pas, faute de moyens. Bref, le particulier, on l’a perdu, il est parti s’enfuir sur le marché de l’occasion ou il continue de limer les pneus de sa vieille guimbarde toute fumante, tant qu’il le peut ! 

Les constructeurs, quant à eux, ont choisi leur camp : entre des voitures thermiques toujours plus chères à développer (merci les normes Euro 7) et des électriques hors des prix mais qui attirent les sociétés, ils ont clairement choisi le camp de ces dernières. Adieu petites compactes thermiques abordables ne ramenant plus un kopek, place aux gros SUV électriques surpuissants, suréquipés, dotés de batteries délirantes et vendus à prix d’or. Ford, par exemple, a décidé de stopper net sa Fiesta et se concentre sur les SUV électriques. Même son de cloche chez d’autres marques : les VW Polo, Mercedes Classe A et B, Fiat Tipo, Audi A1 et autres Skoda Fabia et Renault Twingo vont également nous quitter d’ici un à deux ans. La voiture, et donc, dans une certaine mesure, la liberté individuelle, redeviendra ce qu’elle était à ses débuts : un objet de luxe. 

Et ce coup de maître, on le doit à qui ? A tous ces Verts qui ne veulent plus voir une seule goutte d’essence, mais des électrons partout. Bravo, les écolos, vous avez réussi à dézinguer le marché tout en électrocutant le portefeuille du commun des mortels ! Et ça se dit proche du peuple…