Le 6 janvier 2021, allumés par Donald Trump, des militants pro Trump prenaient d’assaut le Capitole. Bien avant le discours du président sortant, sur les réseaux sociaux, les esprits avaient été chauffés à blanc. Des messages contestant la validité des résultats de l’élection circulaient et des appels à manifester relayés par milliers avaient fait monter la tension. La pratique vise à augmenter la probabilité qu’un grand nombre de citoyens adopte la même opinion sur le plan politique, idéologique, économique ou commerciale, en dissimulant des informations sur les liens que différents acteurs liés entretiennent entre eux, qu’ils soient financiers ou autre. En gros, le principe consiste à gonfler une baudruche jusqu’à la faire passer pour une information qui mérite de faire la Une. On appelle ce phénomène l’astroturfing. Du faux gazon à la mauvaise herbe, les techniques de désinformation sont multiples : construction de faux profils en ligne, achat de faux followers sur Twitter ou de faux avis positifs, trucage de sondages, embauche de personnes pour manifester dans la rue, création de groupe citoyens de façade, la liste et longue. 

En raison de son côté systématisé et de sa simplicité de mise en place sur les réseaux sociaux, l’astroturfing contribue fortement à la propagation de fausses nouvelles et désoriente le débat public sur des sujets démocratiquement importants comme la crise sanitaire, le réchauffement climatique, l’énergie, la pénurie de médicaments, mais aussi, plus grave encore, dans un contexte électoral. Mais question organisation, la palme revient sans aucun doute aux fonctionnaires d’Etat chinois. Le gouvernement chinois aurait ainsi sa water army composée de soldats du numérique qui dicte les grandes lignes et des milliers de particuliers rémunérés pour en assurer la propagation virale. Plus à l’Est, la Russie n’est pas en reste non plus avec ses web-brigades et ses usines à Trolls.