Sandrine Rousseau est ce qu’on appelle « une bonne cliente », écrit Éric Naulleau, pour le plus grand profit de l’audimat des uns et de la notoriété de l’autre. On se l’arrache autant pour ses punchlines provocatrices (quand elle appelle « à changer de mentalité pour que manger une entrecôte sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité ») que pour ses bourdes (quand elle juge qu’accueillir des terroristes afghans en France permet de mieux les surveiller). Mais derrière le cirque médiatique, Sandrine Rousseau est un électron libre dangereux en ce qu’il gangrène « vertement ».

 « Il y a eu un déclic, lorsque j'ai vu à la télévision Madame Rousseau exécuter de sang-froid un de ses rivaux politiques Julien Bayou », explique Éric Naulleau au micro de Sud Radio. « Elle est venue sur un plateau de télévision pour dire tranquillement que Julien Bayou était un prédateur, qui poussait les femmes au suicide ». Basée sur une enquête journalistique « vide »,« avec un dossier qui n'est pas parvenu jusqu'à la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (…) mais avec un Julien Bayou est éliminé du tableau ». Si ça, ce n’est pas de l’exécution dans les règles ! « Le totalitarisme est en marche avec des bottes de sept lieux faisant des ravages dans les milieux médiatico-intellectuels (…) et quiconque n’’est pas rousseauiste aujourd’hui est facho, voire néo-nazi, ce qui va un peu loin ! ».

Éric Naulleau fustige aussi « une habitude d'user du mensonge, de la manipulation, pour un carriérisme impitoyable ». Mais « au-delà de la personne, le projet de société qu'elle porte est terrifiant. Un projet moral, un retour à la bigoterie, une manière de criminaliser le désir masculin et les hommes en tant que tels. Ainsi qu'un dévoiement du féminisme ». L'éditorialiste fait allusion à la façon dont elle parle de la révolution féministe en Iran, « avec une prudence de gazelle ».

Et de poursuivre : « Il y a du taliban en Sandrine Rousseau (…) Les talibans détruisent les bouddhas et Sandrine Rousseau soutient la détérioration d'œuvres d'art au nom de la cause écologiste (…) Il y a une volonté d'éradiquer le passé, au nom d'idéaux contemporains. Tout doit s'effacer devant l'écoféminisme. C'est un peu table rase, comme ce que disent les talibans ». 

Sandrine Rousseau méritait-elle tant d’honneur avec ce livre ? N’est-ce pas lui permettre de rebondir en lui offrant la publicité victimaire qu’elle attend ? Éric Naulleau précise sa démarche dans les pages du Le Figaro : « À moins de supposer que certains phénomènes se produisent sans raison, il doit se trouver quelques explications à l’omniprésence médiatique de Sandrine Rousseau. Autant les chercher de manière ordonnée dans un livre. La plus évidente est l’effondrement du niveau intellectuel du personnel politique, voici quelques années encore, pareille médiocrité, aussi pittoresque soit-elle, n’aurait eu d’autre existence que dans les marges du système au nom de la place faite au folklorique, aux côtés de ce candidat à l’élection présidentielle qui proposait autrefois de déplacer les villes à la campagne pour raison écologique ».

Au-delà de la personnalité de la députée écologiste, l’écrivain met ainsi à nu son effrayant projet politique. Le « rousseauisme », affirme-t-il, est un sectarisme aux relents totalitaires. « C'est la culture et la liberté d'expression que l'on assassine au nom d'un progressisme autoproclamé ».