La plaquette est sponsorisée par la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne. L’outil vise à « sensibiliser » un jeune public en prévision des élections de 2024, en apprenant à démasquer les nouveaux visages de l’extrême droite. Parmi les figures publiques présentées et soumises à l’exercice de « style » des élèves : Georges-Louis Bouchez et Drieu Godefridi. Le problème, c’est que les amalgames malhonnêtes sont nombreux et le président du MR a annoncé par voie de presse vouloir porter plainte.

De son côté, Drieu Godefridi interpelle aussi La Cible, dans un courrier daté du 9 mai dernier, à l’adresse de Minervina BAYON (éditeur responsable) : « Je prends connaissance de votre brochure consacrée aux ‘nouveaux visages de l’extrême droite’: Parmi ces ‘visages’, se trouve le mien, que vous amalgamez au fascisme, à la déportation d’innocents et - entre autres horreurs - à la figure de l’intellectuel antisémite Alain SORAL, révisionniste notoire des chambres à gaz nazies (…) Je vous mets au défi d’identifier un seul passage dans aucun de ces essais qui soit assimilable aux figures abjectes de votre brochure. Le fascisme et le national-socialisme sont, comme le nom l’indique, des figures nationalistes du socialisme. Rien ne m’est plus étranger (je vous renvoie à cet égard à mon ouvrage « La passion de l’égalité ») ».

Et de poursuivre : « Le vrai est que suis un libéral de droite, atlantiste et prosioniste, dans l’héritage direct des figures de Friedrich Hayek, Karl Popper, Nassim Nicholas Taleb, Jean Gol. Ce qui me situe objectivement aux antipodes de vos références exécrables. Il devrait rester concevable de ne pas souscrire à l’intégralité des options et méthodes de la FGTB, dont vous êtes secrétaire régionale, sans être égalisé à Adolf Hitler (…) Je vous invite par la présente à retirer mon nom de ce montage contrefactuel ».

Soulignons, et ce n’est pas anecdotique, que le Directeur de la publication, Jean-François Ramquet a également été Secrétaire régional interprofessionnel FGTB Liège-HUY-Waremme. L’ancrage à gauche de l’Asbl est certain.

Pourquoi la gauche qualifie-t-elle systématiquement ses opposants de « fachos » ? La méthode est dictatoriale et répressive. Elle kidnappe la confrontation des points de vue et s’inscrit en faux. Et pourtant, depuis des années, dans notre pays, la contrefaçon d’une gauche idéologique a réussi à truster le débat d’idées en liant systématiquement la droite à une droite radicale. Chapeau à elle ! 

Dans ce clivage gauche-droite, l'environnement médiatique alimente aussi, en majeure partie, la supercherie en accordant systématiquement un privilège moral à la première, alors que la seconde doit systématiquement se justifier d'exister. En revanche accepter que l’extrême gauche veuille transformer la Wallonie en Etat communiste, là, cela passe !

Il est utile dans ce contexte de rappeler que les mots n'ont pas seulement une forme grammaticale, mais une valeur intrinsèque que leur donne l'usage. Il importe en ce sens de réactualiser un paramètre précieux : l’éminente fécondité du principe d’examen. Le libre examen rejette l’argument d’autorité et invite à ne pas succomber à la tendance néfaste de prêter exclusivement attention à l’apparence de véracité des choses et d’en omettre, par paresse ou par manque de curiosité intellectuelle, l’envers. Pour sortir de cette stigmatisation cosmétique « extrême », il serait grand temps que la droite classique ne doive plus demander à la gauche la permission d'exister !