« Où étaient donc les libéraux pendant cette législature ? » s’interrogent Theo Francken et Sander Loones dans Puinhopen van Vivaldi dont nous continuons la recension entamée la semaine passée. Eux qui historiquement étaient censés faire contrepoids à la propension de la gauche à toujours plus d’Etat, plus de dépenses et plus d’impôts et qui, dans la coalition Vivaldi, détenaient deux postes clés à cet égard, à savoir de Premier ministre et de responsable du budget, occupés par des représentants du parti libéral flamand, l’Open VLD, n’ont absolument pas joué ce rôle.

Les dépenses, observent-ils, ont pu croître sans restriction, selon le mantra de l’ancien président du PS qui affirma, pendant les négociations gouvernementales, que le défi budgétaire ne consistait pas à contenir les dépenses mais à augmenter les recettes. La dette publique belge globale, en 2018 de 460 milliards d’euros, a franchi le cap des 600 milliards dans le premier semestre de 2023. Et - l’actuel président du PS l’a concédé dans une interview accordée au magazine flamand Knack -, l’un des moyens les plus faciles de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat est de faire grimper les salaires puisque chaque indexation de 2% lui rapporte un milliard et demi d’euros, sans oublier que ce qui garantit la dette publique, in fine c’est l’épargne privée – la vôtre.

Que se passera-t-il lorsqu’un huissier mandaté par les hautes instances monétaires européennes et internationales frappera à la porte de l’Etat belge pour exiger qu’il honore ses engagements et que ce dernier manquera de moyens pour payer les allocations ? Sur ce point justement, le parti des auteurs (la N-VA, dans l’opposition au niveau fédéral) avait proposé un gel de l’indexation des plus hautes pensions, leurs bénéficiaires – hauts fonctionnaires, magistrats, parlementaires – souffrant moins de la perte de pouvoir d’achat à la suite de l’inflation que ceux au bas de l’échelle. La proposition fut rejetée par la coalition de centre (?) gauche au pouvoir dans laquelle le PS détient le portefeuille des pensions. Cherchez l’erreur !

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Que les pensions puissent ne plus être payées intégralement semble échapper à l’entendement de la plupart des Belges, constatent Francken et Loones, et pourtant c’est ainsi. Contrairement aux Pays-Bas et à nombre d’autres pays européens, l’argent nécessaire - 71 milliards - provient en totalité des impôts et prélèvements. Faute d’avoir mis de l’ordre dans ses affaires, la Belgique a déjà été punie par l’UE : elle n’a pas reçu ce à quoi elle a droit dans le cadre du plan de relance NextGenerationEU, plan auquel, soit dit en passant, la N-VA s’était d’emblée opposée, car elle y voit la volonté de l’UE de s’endetter pour redistribuer et, à terme, de générer des revenus, c’est à dire de lever des impôts.

Il y va de l’intérêt de tous les Belges que le trou budgétaire ne soit creusé davantage que la coalition au pouvoir fédéral ne l’a déjà fait au cours de la législature en cours, en alourdissant de manière inconsidérée la facture des pensions, en prenant sous la coupe des écologistes des décisions débiles dans le domaine énergétique et en adoptant sans qu’aucun des sept partis au pouvoir fédéral ne s’en inquiète la politique d’immigration la plus laxiste et la plus ruineuse qui soit dans toute l’Europe. Le trou budgétaire doit être comblé et la dette publique réduite, sans quoi la Belgique ne pourra pas faire face au coût gigantesque du vieillissement de sa population.

Le gouvernement de M. De Croo a failli sur toute la ligne. Le premier défi à relever pour assainir les finances publiques consiste à améliorer le taux d’emploi qui est actuellement de 72,1 pour cent. En Belgique, près de deux millions de personnes en âge de travailler ne travaillent pas. Là aussi, il y a de fortes différences régionales. Alors qu’en Flandre le taux d’emploi est de 77%, les deux régions dans lesquelles le PS est à la manoeuvre et applique depuis des décennies ses recettes économiques foireuses sont à la traîne : le taux d’emploi est de 66,5% à Bruxelles et de 65,7% en Wallonie. Et, le PS en est fier, s’offusquent les auteurs : son président actuel qualifie la culture de dolce far niente de « vie large » dans son récent « manifeste écosocialiste ».
« Il est dans les gènes des Flamands de toujours travailler dur. Les Wallons préfèrent profiter de la vie. Et alors ? », avait-il glosé. Même des Wallons se sont scandalisés de la déclaration du président du PS. Qu’ils votent en conséquence !