Dans cet ouvrage, coécrit avec le journaliste Hervé Vaudoit, directeur de la rédaction du média local MProvence, Didier Raoult (71 ans) passe les différentes étapes de sa vie au scanner, depuis son enfance en passant par son entrée en fac de médecine et ses prouesses de laboratoire jusqu’à son ascension « covidienne ». Et c'est sans doute le passage le plus attendu de son autobiographie pour ses fans, mais aussi pour ses détracteurs : la crise du Covid-19. Didier Raoult aborde bien sûr l’hydroxychloroquine et dénonce une mauvaise science et de mauvais scientifiques : « Nous avions bel et bien raison », écrit-il. Il évoque également le médicament Remdesivir, les Big Pharma ou encore la piètre gestion de la pandémie par nos gouvernements. « Nous avons assisté là à une rupture historique, car nous n'avions jamais vu de maladie pour laquelle les autorités nous ordonnaient de ne rien faire, sinon espérer que les patients allaient guérir spontanément et accompagner les autres vers la mort sans rien faire d'autre que les soulager jusqu'à la fin », affirme-t-il.

Il rappelle sur plusieurs pages qu’il claque la porte du conseil scientifique au début de la crise sanitaire. Il défie les autorités sanitaires (et une ministre), lorsqu’il leur démontre la possibilité de mettre rapidement en place, avec ses équipes et les moyens du bord, un système de testing à grande échelle. Il accueille au sein de l’IHU Méditerranée les malades de tous horizons au lieu de les laisser seuls, confinés, sans solution et dans la peur. Dans l'urgence, il élabore un protocole de soin, en recourant notamment au repositionnement thérapeutique de molécules bien connues et libres de tout brevet. 

Plus globalement, il se livre à une attaque frontale des lobbies de l’industrie pharmaceutique : « au sein des Big Pharma, la corruption est endémique, pas fantasmagorique ». Il distribue aussi les tacles à l’égard de certains de ses collègues, dont Karine Lacombe ou Jean-Paul Stahl, avec lesquels il est par ailleurs en procès pour diffamation. « Pendant que beaucoup de collègues faisaient de la politique sur les plateaux de télévision à Paris, nous avons continué à faire de la science à Marseille. » Enfin, il ne mâche pas ses mots à l’égard de la presse et taille un costard aux médias et aux journalistes qu'il qualifie « d'ignorants pendant la crise sanitaire ».

Depuis sa retraite en 2022, l'ancien directeur de l'IHU de Marseille continue ses recherches, notamment sur son sujet de prédilection : l'efficacité de son traitement à base d'hydroxychloroquine et d’azithromycine pour les patients atteints du Covid-19.  Pas plus tard que la semaine dernière, il a publié une étude sur Twitter vantant les mérites de son traitement, à contre-courant du consensus scientifique. Hasard du calendrier ? L’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a rappelé cette semaine que ces deux produits, ainsi que l’ivermectine, « ne sont pas indiqués dans le traitement du Covid-19. »

La conjonction de l’actualité du professeur marseillais et des rappels de l’ANSM provoque une poussée de fièvre sur les réseaux sociaux. Mais, pour le Dr. Didier Raoult, « la liberté de ne pas obéir est une chance », affirme-t-il dans un entretien accordé à France Soir. Chacun se forgera son opinion en lecture.