Il est de ces politiques aux engagements musulmans « sélectifs », atteints de myopies à dioptries variables lorsqu’ils se confrontent à la stratégie des urnes. Les divergences entre le PS et Ecolo paraissent de plus en plus cosmétiques sur le sujet : la croisade anti-israélienne s’inscrit dans une stratégie de polarisation d’une communauté autour d’un agenda. Bémol : l’effet de cette pseudo-stratégie « palestinophile » se révèle pervers !

Une indignation sélective

Au Soudan, des violences à caractère ethnique sont à l’œuvre. Exécutions en pleine rue, viols, pillages, c’est le quotidien de cette guerre « cachée », sans doute l’un des pires cauchemars humanitaires de l’histoire contemporaine récente. Washington redoute particulièrement un massacre à grande échelle au Darfour, dans l’ouest du pays. Mais, ces musulmans opprimés n’intéressent personne. Ni le PS en Belgique, ni La France Insoumise (LFI). Sans parler des milliers d’Afghans déplacés depuis la prise de pouvoir par les Talibans avec le Pakistan qui les renvoie vers l’Afghanistan où leurs bourreaux les attendent impatiemment ! Mais, ces déplacés musulmans n’intéressent personne, non plus ! Ni le PS en Belgique, ni La France Insoumise. 

Cinquante nuances de gauche

Le Darfour, l’Afghanistan, la Birmanie, le Yémen, le Burkina Faso, le Sahel n’intéressent pas ces penseurs aux engagements musulmans « sélectifs ». Seul Israël qui se défend d’une agression à visée génocidaire perpétrée par les bouchers terroristes du Hamas est sous les feux des critiques de ces mêmes penseurs « sélectifs ». Et pourtant, les « palestinophiles » sont le signe inquiétant d’un repli communautaire des jeunes des quartiers populaires, influencés par la propagande politico-religieuse des Frères musulmans. Mais, la réalité socio-démographique s’affiche comme une opportunité électorale ! Le ressort de la mobilisation « pro-palestinienne » est la religiosité musulmane et les relais politiques sont, avec force, à gauche de l’échiquier. 

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« Palestinophilie », payante ?

« Faire du conflit au Proche-Orient un enjeu électoral belge est odieux ! », tonitruait Paul Magnette dans la foulée de l’attaque du 7 octobre dernier, accusant le MR et le PTB d’instrumentalisation politique du conflit israélo-palestinien. Et pourtant, ce sont bien les socialistes qui se sont prioritairement emparés du sujet, adoubés par les verts d’Ecolo !

A quelques encablures des élections du 9 juin, on peut toutefois se demander si le parti pris pro-palestinien portera ses « fruits ». Rien n’est moins sûr. Un rare sondage réalisé sur le sujet à l’occasion du baromètre trimestriel Ipsos/Le Soir/RTL de décembre 2023 laisse entrevoir un public avant tout circonspect à l’idée de devoir « choisir son camp » : seuls 12% des Belges affirment qu’il faudrait opter pour celui des Palestiniens et 8% celui des Israéliens, une majorité privilégiant la neutralité (38%) ou l’absence de positionnement (25%).

Et si la popularité de la cause palestinienne grimpe quelque peu parmi la jeunesse, cœur de cible de la gauche, les disparités régionales compliquent l’équation. Alors qu’elle atteint 23% à Bruxelles, soit près du double de la moyenne nationale, elle tombe à 9% en Wallonie, légèrement en dessous de celle exprimée pour Israël (11% en Wallonie, soit davantage qu’en Flandre). Symétriquement, l’opportunité d’une reconnaissance belge d’un État de Palestine, plébiscitée à 33% et rejetée à 17%, recueille 46% d’avis favorables à Bruxelles, contre seulement 31% en Wallonie. 

En résumé : pour l’électeur, c’est de la politique étrangère ! Les enjeux internationaux n’auront fort probablement que peu d’influence dans l’urne. Considérant, en outre, que les jeunes électeurs sont désengagés et que leur taux d’abstention est record, on a envie de dire au PS : tout ça, pour ça ?

Un boomerang politique

En revanche, quelles sont les conséquences de cette approche politique bassement identitaire ? L’islamisme ressort puissant de l’antisémitisme. Chercheurs au Centre européen d’études sur la Shoa, Joël Kotek et Joël Tournemenne se sont penchés sur les représentations culturelles des jeunes (*). Leur constat ? « Les jeunes musulmans ont trois fois plus de préjugés judéophobes, homophobes, antisémites et sexistes que les non-croyants ». Les chercheurs postulent donc l’existence d’un véritable « effet religion » dans la représentation de l’autre. Il y a de quoi s’inquiéter ! 

Ce qui devrait par ailleurs appeler à la prudence dans le positionnement politique. Eh bien, non ! Peu importe l’obscurantisme et ses dérives. Des étudiants qui insultent leurs camarades de classe juifs. D’autres qui les comparent à des nazis. Slogans, tags, faits de violence, peu importe la haine envers les juifs, peu importe le spectre du passé. Peu importe surtout que la démocratie soit pervertie par le communautarisme ! D’abord l’agenda électoral ! « Mort aux Juifs » donc ! Au diable les valeurs universelles et vive les codes d’un antisémitisme primaire alimenté par une gauche mortifère …. 

(*) Cette étude, réalisée auprès de 1.672 jeunes, dans 38 écoles secondaires francophones bruxelloises, a été publiée par la Fondation Jean Jaurès - 2021.