Des vêtements capables de tromper les systèmes de reconnaissance faciale., c’est le leitmotiv de la collection Manifesto, lancée par une jeune entreprise italienne. L’objectif de la start-up est de « dénoncer l’absence de consentement dans l’utilisation de cette technologie », indique Rachele Didero, sa cofondatrice et directrice générale, interrogée par CNN. Si ces vêtements ne sont pas forcément au goût de tous, le but est surtout de leurrer les algorithmes. Des couleurs vives et des motifs originaux ont ainsi été développés et testés avec YOLO, un logiciel de reconnaissance faciale largement utilisé dans le monde. Le porteur du vêtement peut ainsi être assimilé à une girafe, un zèbre, de la nourriture ou tout autre objet, empêchant alors toute tentative d'identification. Les premiers résultats seraient encourageants, avec un échec de l’identification dans 60 à 90 % des cas. « Lorsque je suis devant une caméra, je n’ai pas le choix de lui donner mes données ou non. Nous créons donc des vêtements qui peuvent vous donner la possibilité de faire ce choix. Nous n’essayons pas d’être subversifs », insiste l’entrepreneure.

L’idée lui est venue lors de ses études au Fashion Institute of Technology de New York, en 2019, après une discussion avec un ingénieur spécialisé dans la vie privée et les droits de l’homme. “L’idée de combiner mode et haute technologie était née. Pour continuer à tromper les algorithmes de reconnaissance faciale, l’entreprise devrait poursuivre les améliorations au fil du temps, parallèlement aux progrès technologiques pour contrer cet hacktivisme moderne (NDLR : Pratique subversive qui consiste à s'introduire frauduleusement dans un système ou un réseau informatique pour le détourner, dans le cadre d'une lutte militante à dimension politique, religieuse ou sociale).

L'entreprise ne veut pas s'arrêter là : « nous prévoyons de lancer une collection d'accessoires, puis d'appliquer la technologie à une surface plus petite. Nous allons également travailler sur la composition matérielle des fils, de sorte qu'à l'avenir, nous serons en mesure d'envisager d'autres types de détections que la reconnaissance visuelle ». La start-up italienne prévoit maintenant d’intégrer l’accélérateur de l’École polytechnique de Milan pour affiner son business model avant de se présenter à des investisseurs dans le courant de l’année 2023.

Source : www.capable.design