La Convention Européenne des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales interdit, en son article 3, aux États de pratiquer la torture ou de soumettre une personne relevant de leur juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. Et les avocats de la défense insistent : ces fouilles interviennent alors que les accusés sont détenus dans un quartier de haute sécurité de la prison de Haren et donc déjà fortement contrôlés. En coulisses, une concertation a déjà eu lieu entre les différentes parties concernées, dont les avocats des accusés et la police fédérale, mais les négociations n'ont pas abouti à une solution acceptable pour tous. D’où l’action introduite dans l’urgence. Si les fouilles à nu avec génuflexion et l'usage d'un masque occultant se poursuivent, les avocats de la défense demanderont une astreinte de 5.000€ par exécution ou commencement d'exécution et par accusé. Chaque jour, ces astreintes pourraient donc s'élever à 35.000€ puisqu'il y a sept accusés détenus alors que d’autres techniques de fouilles existent.

Permettant de déceler, par balayage du corps, la présence d’objets métalliques, ferreux ou non-ferreux, insérés dans les parties internes du corps, soit les zones orale/nasale, abdominale et anale/ vaginale, ce système est décrit comme un instrument de détection sécuritaire non intrusif grâce à sa forme de chaise. Le détenu prend place dans le fauteuil de détection BOSS. Dans l’hypothèse où un objet est détecté, et ce jusqu’à la taille d’une agrafe grâce à la présence de capteurs de champs magnétiques, une alarme s’active instantanément. 

Si le fauteuil de détection BOSS ne permet pas de signaler la présence de drogues, il peut en revanche également aider l’administration pénitentiaire à la lutte contre son trafic. Il assure en effet la détection de téléphones portables miniatures, de cartes SIM, dont l’usage permet d’entretenir des contacts avec des dealers à l’extérieur des murs, mais aussi à faciliter les activités criminelles dans l’enceinte de la prison, mais aussi d’accessoires de fumeurs. Fabriqué aux Etats-Unis et déjà utilisé depuis quelques années dans les établissements pénitentiaires canadiens, australiens et américains, le scanner BOSS est un dispositif technologique encore peu connu en Europe. Il pourrait pourtant résoudre la question des fouilles corporelles annales et la controverse actuelle dans le cadre du procès des Attentats de Bruxelles sur leur aspect inhumain et dégradant