7 octobre 2023 - Un festival de musique réunit des milliers de personnes, dans le désert du Néguev, à six kilomètres de la bande de Gaza. À 6h 28, des roquettes traversent le ciel. Laura n’y prête pas attention tant elle et ses compagnons de danse sont habitués à cela. Quelques minutes après, des coups de feu résonnent. Elle et son mari ainsi que des amis se réfugient dans leur caravane. S’ensuivent six heures d’angoisse.

« Cela a vraiment commencé comme une journée magnifique, un sublime festival. Mais quand les roquettes ont commencé à tomber, ils ont coupé la musique. Le DJ a demandé à tout le monde de sortir dehors. Ce n'est pas la première fois en Israël qu'il y avait une attaque de roquettes. On s’est dit, on attendra un petit peu que ça se termine. On prendra la voiture pour rentrer à la maison. C'est seulement une quarantaine de minutes après, vers 7h30, qu’on a commencé à comprendre qu’il y avait des terroristes partout sur la route. J'entends très vite que ce sont des armes automatiques. J'ai envoyé des messages, j'ai dit adieu à ma famille. Moi-même, j'ai dit adieu à la vie ».

C'est à ce moment qu'elle prend la décision de se cacher dans leur caravane. Cette intuition va leur sauver la vie, à Laura, son mari et leurs amis. « C'est notre grande chance. Je connais bien le sud d'Israël. Je savais que là où l’on était, il n'y avait pas d'endroits où se cacher puisque c'est une immense forêt »

« Le 6 octobre, il n'y avait pas de feu. On aimerait tous revenir à ce jour-là. Je pense que c'est bien qu'on parle de cessez-le-feu, mais je ne réussis pas à comprendre comment on peut parler de cessez-le-feu sans parler de ramener les otages. On ne peut pas parler de cessez-le-feu avant qu'on ne parle de ramener mes amis de Gaza. Ça fait cinq mois qu'ils sont là-bas », explique la jeune femme au micro de France Inter.

« J'ai appelé le livre Croire en la vie car c'est une nouvelle bataille. C'est tous les jours que j'essaye de recroire en la vie et de continuer de vivre. Pour être honnête, tout ce que je fais m'aide un peu, mais à chaque moment ce que j'ai en tête, ce sont les 134 personnes qui sont là-bas et qui font partie de notre famille. Et j’en connais quatre personnellement ».

A lire absolument !

« Croire en la vie » , Laura Blajman-Kadar, 2024, aux éditions Robert Laffont