Actuellement, les émissions des entreprises sont divisées en deux catégories : les émissions directes liées à la production et celles, indirectes, liées à la consommation. Pour les pays, c’est la même chose : il y a d’une part les émissions territoriales et d’autre part, celles extraterritoriales liées à toutes les importations. Ainsi, un Français émet annuellement 6 tonnes de CO2 territoriales et 3 tonnes de CO2 extraterritoriales. 

Le World Inequality Lab (WIL), lui, va encore plus loin : aux émissions territoriales et extra territoriales, il rajoute les… émissions financières. L’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais pour le WIL, c’est une saloperie qui pollue ! Ces émissions financières sont directement liées à la détention d’actifs : en clair, et par exemple, si vous avez des actions auprès d’un pétrolier, c’est vous le responsable pour les émissions qui y sont liées. Mamadou a fait le plein de sa Peugeot 504 à Dakar ? Dès lors, vous porterez aussi le chapeau pour les émissions sortant de son échappement ! Evidemment, avec ce type de méthodologie, les pays « riches » sont les grands coupables : le WIL démontre ainsi que les 10% les plus riches sont responsables de 50% des émissions mondiales et que les 1% les plus riches émettent davantage que la moitié la plus pauvre. En outre, avec cette méthodologie 70% des émissions des plus riches sont des émissions d’actifs.

Une comptabilité « wokiste »

On en rajoute une louche ? Selon le dernier rapport de l’Institut Sapiens - qui démonte évidemment ces méthodes de calcul - il en existe une troisième, qui « considère toutes les émissions cumulées depuis la révolution industrielle ». Une fois encore, avec ce type de méthodologie, les pays du Nord, à savoir ceux qui font le plus d’effort, sont vus comme les gros responsables des émissions de carbone et doivent dès lors avoir une dette climatique envers les pays du Sud.

Ouh les vilains ! C’est le principe même du wokisme, dans un monde « équitable », il faut pénaliser les riches. Rappeler sans cesse que ce sont les pays « développés » qui polluent et qui ont dézingué l’atmosphère. Et peu importe l’exactitude, ce qui compte, c’est une flamboyante démonstration de culpabilisation. Et avec ce genre de méthodes de calcul, certaines émissions sont doublées, voire triplées, comme le rappelle l’Institut Sapiens. Les chiffres deviennent dès lors vertigineux, ce qui arrange bien les petits esprits et les verts amateurs de scandales ! Qui a dit, « pléonasme » ?

Un effort global

C’est pourtant si simple ! Pour comptabiliser « les émissions, il suffit pourtant de faire le compte de toutes les émissions territoriales et de s’arrêter là », comme le préconise l’Institut Sapiens ! Une seule méthode, une seule base, pour un seul résultat, qui lui sera dès lors correct ! La planète, elle s’en fiche complètement de savoir si certaines émissions sont importées ou que d’autres sont issues d’actifs financiers : le carbone se retrouve de toute manière dans son atmosphère. L’effort à fournir doit donc être global !

Libre évidemment aux pays de signaler les émissions liées aux importations, ce qui donne une idée plus juste du bilan carbone de chaque individu. Mais cela ne doit pas entrer en ligne de compte pour le calcul des émissions globales. 

« La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui se simplifie », disait Antoine de Saint-Exupéry…

Pour consulter le rapport :

https://www.institutsapiens.fr/wp-content/uploads/2024/01/La-transition-energetique-est-elle-soutenable-_.pdf