Selon l’enquête de Touring, c’est principalement dû au prix d’achat. Le Belge est en effet prêt à dépenser 27.000 euros en moyenne pour une voiture neuve. Un joli budget dans l’absolu, mais totalement insuffisant pour s’offrir l’un des 20 modèles électriques les plus populaires. Pourtant, il y a quelques années, les « experts » nous avaient promis une diminution progressive du budget moyen nécessaire à l’acquisition d’une voiture électrique. Force est de constater qu’il n’en est rien, crise énergétique oblige. A l’heure actuelle, face à son équivalent thermique, le modèle électrique reste en moyenne 10.000 euros plus cher ! Un surcoût impossible à digérer pour le quidam moyen. Et que fait le gouvernement pour aider Robert ou Jessica à passer le cap et à financer cette folie ? Absolument rien. Si les sociétés et les indépendants peuvent bénéficier d’une belle déductibilité fiscale, le particulier, lui, n’a droit à rien ! Pas une prime, pas un petit renfort-caisse, rien. Que dalle.

Et histoire de lui rendre le chemin imposé vers le véhicule électrique encore plus tortueux, le particulier se voit en outre pénalisé par un manque criant d’infrastructure ! En effet, où recharger sa voiture quand on habite en appartement sans parking ou que l’on ne dispose pas de borne de recharge à domicile ou à proximité ? Une situation qui n’est pas près d’être corrigée dans l’immédiat : non seulement le réseau est proche de la saturation, mais en plus, les quelques bornes publiques dispersées sur le territoire font, quand elles fonctionnent, payer cher et vilain la recharge, par rapport à une borne domestique ! Rajoutez à cela une autonomie qui est certes en progrès, mais qui est loin d’égaler les standards proposés par les véhicules thermiques et vous comprendrez rapidement les raisons de ce désamour. Autant forcer un éléphant à passer par une porte de souris.

Résultat : au moment d’acheter une nouvelle voiture, il y a de quoi être perdu : faut-il investir dans un véhicule thermique qui répond à son pouvoir d’achat et à ses conditions d’utilisation, mais que l’on dit condamné ? Au risque d’accuser une solide décote à la revente, parce que le véhicule en question ne sera plus le bienvenu dans les centres urbains que les autorités veulent « zéro émission » ? Ou oser l’électrique, payer le prix fort et se voir confronté à des problèmes d’autonomie et de recharge ? A part l’écolo-bobo qui ne se posera pas la question sur son vélo-cargo dont l’espérance de vie (et celle des rejetons jetés dans la benne) est d’à peu près 18 minutes (certains diront que c’est le darwinisme), c’est une grosse partie de la classe moyenne qui va trinquer. Car dans un cas comme dans l’autre, son portefeuille sera dézingué. Merci les Verts …