La ministre flamande de l’Environnement, de l’Energie, du Tourisme et la Justice, Zuhal Demir, née le 2 mars 1980 à Genk dans une famille kurde de travailleurs immigrés, est avocate de formation et membre de la N-VA. Elle explique dans un tweet avoir décliné une invitation à s’exprimer dans De Afspraak, l’émission d’actualité de la télévision publique flamande (VRT), à propos des rixes qui ont opposé Kurdes et Turcs à Heusden-Zolder et Houthalen-Helchteren, le dimanche 24 mars.

« J’ai décliné l’invitation, écrit-elle, non pas parce que cela ne me tient pas à cœur. Au contraire. Je trouve navrant que des Flamands d’origines différentes importent depuis trois générations un conflit en Flandre. Mais je suis fatiguée. Très fatiguée. Ce week-end encore, je me suis fait traiter de « pute verte » (soupir), de « sale Turque, retourne dans ton pays » (c’est Kurde, monsieur), de « tueuse de paysans » (c’est le contraire, c’est votre syndicat qui le fait). Et [que dire du] salaud qui m’a rappelé ce qui est arrivé à Karel Van Noppen [l’inspecteur vétérinaire assassiné par la mafia des hormones en 1995] ? Je sais. Fier ? La politique n’est pas un exercice pour vierges effarouchées, je ne cesse de le dire, mais à présent c’en est assez pour un moment. Les menaces finissent par peser. Pour une fois, je renonce. Et bientôt viendra cette phrase mortelle à la télévision : «Nous avons invité Zuhal Demir mais elle n’a pas voulu venir.» Et c’est ainsi. Je me ménage. Ma famille m’a demandé de ne pas me mêler de cette histoire. Je ne puis m’y résoudre. Mon avis n’a pas changé. J’en ai fait part sur Facebook il y a trois ans. En tant que communauté, nous ne sommes plus des travailleurs immigrés. Nous devons cesser de nous comporter comme tels. La politique et le système doivent cesser de nous traiter de la sorte. »

Les conflits ethniques ne sont qu’un des problèmes que nous importons, commente Jurgen Ceder à la une de ‘t Pallieterke. Il y a aussi le terrorisme, le fanatisme religieux, l’homophobie, le mépris des femmes et les idées rétrogrades sur la science et la médecine. Douglas Murray, conclut-il, a bien résumé la question dans The Strange Death of Europe :« Un continent qui importe les peuples du monde importera aussi les problèmes du monde ».